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jeudi 6 avril 2017

Contre la mode du commentaire « constructif » : arrêtons d’infantiliser les auteurs indépendants


Cet article, avec son titre provocateur, a justement pour objectif de provoquer, et s’inscrit dans une position beaucoup plus large d’éthique qu’on appelle actuellement « minimaliste » et qui considère que les devoirs moraux se réduisent à ne pas nuire à autrui. Vous ne voyez pas le rapport avec les commentaires constructifs ? C’est normal, il n’y en a pas vraiment. C’était une façon de dire que je vais ici m’opposer fermement à la croyance que vouloir « aider » ceux qui n’ont rien demandé, et plus encore, qui risquent d’être dénigrés par le simple fait qu’on veuille les aider, comme s’ils n’étaient pas tout à fait compétents, serait quelque chose d’inconditionnellement bon. Je ferai sans doute d’autres articles du même genre par la suite, pour donner un nouveau souffle à mon blog et accentuer sa personnalité. J’ai déjà été très personnelle dans les différentes chroniques que j’ai pu faire, mais je n’ai jamais vraiment donné de position qui m’est propre au sujet de l’autoédition ou même de la littérature dans son ensemble.

Cet article suit une discussion que j’ai eue avec un autre auteur au sujet des commentaires malveillants que certains lecteurs ne se gênent pas pour écrire, que ce soit sur un site marchant ou même sur des blogs, auteur qui appelait au caractère constructif des commentaires. Bien que les arguments énoncés dans cet autre blog soient parfaitement respectables et pertinents, je vais, paradoxalement peut-être, m’opposer au commentaire constructif en lui préférant le commentaire personnel et relatif. Bien sûr, je ne me ferai jamais l’avocat des commentaires malveillants (parce que j’ai bon fond, soit dit en passant !) Quel va être l’objet précis de mon article, alors ? Un principe : il n’y a pas de bonnes raisons de donner des conseils à celui qui n’en demande pas. Un avis peut-être surprenant, mais que je vais brandir contre un paternalisme littéraire qui s’attaque uniquement aux auteurs indépendants, de façon tout à fait injuste, comme s’ils étaient des sous-auteurs. Or, j’ai vite pu remarquer dans les romans que j’ai lus qu’ils étaient loin d’être des sous-auteurs. Inutile de me parler de la majorité d’analphabètes qui racontent les souvenirs de mémé Marcelle dans un recueil de chapitres sans syntaxe que vous allez refermer dès la première page. Les auteurs dont je parle sont ceux qui font un véritable travail d’écrivain et qui, pour des raisons qui n’ont ni à être jugées ni à être hiérarchisées, choisissent de s’autoéditer. Pour les diverses raisons qui poussent à s’autoéditer, relisez mon article : Y a-t-il de bons livres autoédités ?

Quels sont ces auteurs ? Il y en a deux types : les auteurs qui veulent progresser dans un certain genre, et les auteurs qui présentent leur œuvre après un long travail pour construire ce qu’ils avaient en tête. Si des auteurs demandent des conseils pour s’améliorer dans le type de livre qu’ils veulent écrire, donnez-leur des conseils ! Mais j’ajouterai quand même une précision : aidez-les si vous êtes un grand spécialiste du genre en question. Ce qui veut dire ? Qu’étant moi-même complètement inculte sur la littérature érotique, genre que je ne lis jamais, je ne me permettrai jamais de conseiller un auteur sur ce qu’il a écrit en matière de littérature érotique, parce que je ne vois pas ce que je pourrais dire de pertinent. Les seules remarques honnêtes que je pourrai faire seront au sujet de l’orthographe. Pour le faire dans l’autre sens, j’écris des romans philosophiques : je ne rejette pas les conseils, mais j’ai du mal à croire que je pourrais être aidée en profondeur par quelqu’un qui n’a jamais entendu le mot de philosophie – ce qui n’empêche pas, par exemple, de me faire revenir sur tel ou tel passage qui ne serait pas bien expliqué.

L’autre catégorie d’auteurs est celle de ceux qui ne demandent pas de conseils mais publient leur livre pour que des gens le lisent. Et pour ce type d’auteur, je soutiens qu’il n’y a ni ne doit y avoir aucune différence avec un auteur édité de façon traditionnelle. Peut-être faut-il rappeler ce qu’est l’écriture d’un roman. Celui qui écrit a des goûts personnels en matière de littérature, il a également un projet, il a fait des recherches, travaille, il a fait des choix d’écriture que nous ne pouvons dire bons ou mauvais, mais simplement conformes ou non à son objectif. Or, c’est justement cette distinction entre le bon et le conforme que les commentaires de la mode du « constructif » n’arrivent pas à faire. Je précise dès à présent que ce que je vais dire n’est pas à généraliser, mais voici ma partie un peu provocatrice : que signifie vraiment le commentaire qui dit, par exemple, « les personnages ne sont pas crédibles » ? Je pense que, la plupart du temps, ce commentaire signifie tout simplement « je n’ai pas aimé la personnalité des personnages », tout simplement parce que là où vous n’avez pas trouvé le personnage crédible, quelqu’un d’autre s’est parfaitement identifié à lui, preuve qu’il était crédible en un sens. Globalement, le reproche que j’ai envie de faire aux commentaires constructifs est le fait que, sous une excellente intention, ils ne révèlent qu’un avis subjectif qui n’a pas vocation à devenir un « conseil » pour s’améliorer, parce que correspondre davantage au goût personnel d’untel n’est pas une amélioration en soi.

Pourquoi ai-je d’abord dit que c’était une façon de distinguer les indépendants des édités traditionnels ? Premièrement parce que je sens malheureusement, sans généraliser évidemment, une sorte de condescendance inconsciente dans ce genre de commentaire, condescendance que je vois rarement s’exprimer envers les autres livres. En général, l’édité traditionnel aura droit au commentaire malveillant dégoulinant de critiques fondées ou pas, alors que l’indépendant sera abordé par une liste inimaginable de remarques toutes bienveillantes pour qu’il puisse s’améliorer. Mais cela n’est rien d’autre, pour moi, que de l’infantilisation : moi, généreux lecteur, je vais apprendre à ce petit auteur inconnu à écrire mieux, sans penser que ce petit auteur inconnu sait peut-être très bien ce qu’il fait. C’est pour ça que je parlais de morale au début : je ne reconnais aucun devoir moral dans le fait d’apporter son aide à quelqu’un, même avec les meilleures intentions du monde. La bienveillance est dangereuse autant que la malveillance en tant qu’elle peut vite devenir de la suffisance.

Malheureusement encore, ces remarques ne tiennent souvent pas compte, comme je l’ai dit, du projet propre de l’auteur, mais d’un goût personnel. Je m’efforce depuis un certain temps de ne jamais critiquer un livre dont je n’ai pas compris le projet. D’où ma préférence nette pour un commentaire du type : « Je n’ai pas aimé du tout, j’ai horreur de ce genre de livre, en plus je ne supporte pas les personnages, je ne lirai plus jamais cet auteur », parce que malgré toute la haine déferlée dans ce message, c’est présenté comme un avis strictement personnel. Comparez avec ceci : « Il aurait fallu rendre les personnages plus attachants pour permettre l’identification. » Voilà un commentaire fort bienveillant mais inadapté à certains livres, parce que le projet de l’auteur n’est pas forcément de créer une possibilité d’identification. Pensez par exemple à Camus ! Si vous lui reprochez que L’Etranger est un personnage à qui on ne peut pas s’identifier, vous oubliez tout simplement que son objectif était justement d’empêcher toute indentification.

J’ai connu quelqu’un, fort instruit du point de vue littéraire par ailleurs, qui trouvait que La princesse de Clèves était un personnage absolument pas crédible du fait qu’elle choisisse de se faire religieuse plutôt que d’épouser son amant à la mort de son mari, ce qu’aucune loi politique, religieuse ou morale n’interdit, même au XVIIème siècle. Mais toute la force du roman réside justement dans le fait que Mme de Clèves ne cèdera jamais à son amant, et Mme de La Fayette défend le pieux jansénisme qu’elle fréquente contre le libertinage. Mme de Clèves n’a rien de non crédible : elle représente le jansénisme qui est largement répandu à cette époque, et son choix aurait été celui de nombreuses autres jeunes filles élevées selon ces principes religieux. Je pense  donc sincèrement que les conseils n’ont un sens que s’ils prennent bien en compte les enjeux du livre : si vous n’êtes pas d’accord avec ces enjeux, si vous trouvez que c’est une mauvaise chose de défendre le jansénisme contre le libertinage, personne ne vous interdit de le dire, mais vous ne pourrez pas dire que le livre est mauvais pour autant : simplement qu’il ne vous plaît pas. Bien sûr, il m’arrive aussi de faire des critiques négatives, même si ce n’est pas ce qui est apparent dans mes chroniques mais sachez que j’ai TOUJOURS demandé avant à l’auteur de justifier ses choix, et n’ai critiqué que lorsqu’il n’y avait pas de choix mais du hasard, ou un vague sentiment de mieux. En cas de critique mal placée, c’est-à-dire critique pour laquelle l’auteur a été capable de me fournir une contestation pertinente par la suite, j’ai modifié mon article en reconnaissant humblement mon erreur de lecture, comme cela m’est arrivé une fois.

Que faut-il faire alors ? Selon moi, il faut d’abord changer de regard sur les indépendants, et sur les lectures qu’ils attendent. Aucun auteur intelligent n’attend que des effusions de joie à la lecture de son livre et est conscient que ça ne peut pas plaire à tout le monde. Comme je le dis souvent, les commentaires les plus positifs disent rarement quelque chose d’intéressant, parce que l’enthousiasme empêche de voir les détails. Je suis dans ce cas également : fan inconditionnelle d’Entre chien et loup de Mallorie Blackman, je n’ai vu aucun défaut, ni d’écriture, ni de structure, ni même d’objet de débat dans cette série de livres. Il faudrait alors faire avec les indépendants ce que nous faisons avec les autres : ne pas hésiter à dire que nous n’aimons pas, sans forcément apporter de justification supplémentaire. Malgré tout, je n’interdis aucune tentative de conseil : ne vous méprenez pas. Je vais même vous parler d’une excellente critique qui m’a été faite au sujet d’un de mes écrits, qui relevait une véritable erreur d’écriture de ma part, en considérant mon projet.

 Cela concerne ma nouvelle sortie en Février 2017, Cendres d’art. Cette nouvelle décrit un monde qui a supprimé toute référence au passé, qui s’est entièrement détachée de son Histoire et de ses œuvres d’art pour permettre un bonheur artificiel construit sur la passion de l’avenir. Ce que la nouvelle cherche à dénoncer, c’est la pauvreté de ce monde et de ce bonheur qui ont perdu tout ce qui fait leur profondeur et leur dimension humaine. L’un des commentaires Amazon (vous pourrez donc aller le voir), qui a été très généreux par ailleurs, pose cependant une question : pourquoi la nouvelle n’a-t-elle pas été écrite au présent plutôt qu’au passé, puisque le passé n’existe plus ? En effet, c’est tout simplement un détail auquel je n’avais pas réfléchi, et ce conseil aurait été excellent, parce qu’il s’inscrit véritablement dans la ligne de mon projet d’écriture. Mais ce commentaire apporte une réponse qui me plaît tout autant sur ce problème : l’écriture au passé montre les limites de la société que je décris. Le passé ne pourra jamais être totalement supprimé.


Faisons donc pour les auteurs indépendants ce que nous faisons pour la littérature : comprendre le projet de l’auteur avant de lui donner des conseils, car l’un est impossible sans l’autre. Un auteur indépendant n’est pas un sous-auteur : c’est un auteur qui écrit avec des objectifs. Que ces objectifs vous plaisent ou non n’est pas objet de débat : que l’objectif soit réussi ou pas l’est. Si l’objectif était de plaire, alors vous pouvez laisser libre-court à vos conseils. 

jeudi 23 février 2017

Comment aider les auteurs indépendants ?

A présent que je me suis familiarisée avec ce domaine et que je travaille depuis des mois à faire connaître non seulement l’autoédition, mais aussi les meilleurs auteurs autoédités, il est temps de rassembler en un article toutes les solutions qui vous permettront d’aider les auteurs indépendants. Je ne vous parlerai pas seulement de la façon dont les lecteurs peuvent les aider : le simple fait d’être lecteur de livres autoédités est déjà une aide considérable, car le principal obstacle que rencontrent ces auteurs est le préjugé du grand public, qui les considère spontanément comme de mauvais auteurs, ce qui n’est pas infondé, mais loin d’être exact, comme j’en ai parlé dans mon article Y a-t-il de bons livres autoédités ?
Ce dont je vais également parler, c’est ce qui selon moi manque dans ces efforts, toujours louables, de leurs lecteurs. Des petites choses qu’ils ne pensent pas à faire, ou qui simplement ne savent pas être d’une grande aide pour ces auteurs. Voilà donc un petit récapitulatif de tous ce que vous pouvez (et devez !) faire pour aider les auteurs indépendants que vous aimez, ou découvrir ceux que vous ne connaissez pas encore.

1.      Découvrir

Avant d’avoir des auteurs préférés, des auteurs que vous voudriez faire connaître, il faut bien évidemment sauter le pas et découvrir ces auteurs. Cela peut être difficile et inquiétant : c’est vrai, il y a un grand nombre d’ouvrage de très mauvaise qualité, et vous n’avez sans doute pas envie de dépenser même 2 euros (le prix moyen d’un e-book autoédité, alors que les versions numériques issues de l’édition traditionnelle tournent autour de 7-8 euros), alors par où commencer ? Pour cela, plusieurs moyens, que tous n’ont pas le réflexe de faire.

Première chose, pensez à télécharger les extraits gratuits proposés sur les sites de vente. La plupart du temps, 10% gratuits sont proposés sur les livres numériques, ce qui vous permet de vous faire une idée de base de la façon dont l’auteur écrit. Si vous avez peur du livre truffé de fautes d’orthographes, réputation habituelle, il ne vous faudra pas plus de 10% du texte pour vous en rendre compte. Alors si vous hésitez, prenez ces premières pages : même si vous n’avez pas le temps de les lire dans l’immédiat, cela vous permettra de garder ce livre en mémoire, et de se pencher dessus un peu plus tard. Evidemment, 10% du livre ne va pas beaucoup vous avancer, et peut très bien ne pas vraiment vous permettre de vous décider. C’est quand même une stratégie à adopter, et après tout vous ne perdez rien, seulement quelques minutes de votre journée, à essayer. Si vous n’êtes toujours pas convaincus, essayez de voir si l’auteur du livre qui vous fait hésiter n’a pas des textes gratuits. Beaucoup d’auteurs, par exemple, publient gratuitement sur Wattpad à côté de leurs romans autoédités. Pourquoi ne pas aller lire certains de leurs textes gratuits ? Vous verrez bien si vous aimez. Et si vous hésitez encore, lisez, lisez de plus en plus, profitez de tout ce qui est gratuit. Moi-même, par exemple, je distribue toutes mes nouvelles gratuitement : cela permet à n’importe qui de regarder sans risque ce que j’écris, et je trouve cela bien normal.

Mais encore ? Que pouvez-vous faire de plus ? Sachez d’abord qu’un grand nombre de blogueurs lisent et chroniquent des livres d’auteurs indépendants : alors si vous ne sauriez être convaincus autrement que par l’avis des autres lecteurs, je vous conseille également de faire un tour sur les blogs. De mon côté, je fais aussi quelques chroniques, uniquement sur les livres que je veux vraiment mettre en avant, c’est pourquoi il y en a très peu : le risque d’un blog spécialisé dans la chronique est le fait que vous risquez de vous perdre dans tous ses articles sans savoir où chercher. Ce problème ne se pose pas si vous savez déjà sur quel livre vous voulez avoir un avis. A ce sujet, je vous rappelle déjà que vous trouverez la liste de mes chroniques sur cette page : Chroniques (les romans autoédités sont signalés). Je vous conseille aussi le blog suivant, qui répertorie un grand nombre de blogs de lecteurs d’auteurs indépendants : Les Lectures de Mélanie. Un dernier conseil, si vous voulez découvrir des auteurs qui ont été sélectionnés, un peu à la manière d’un éditeur traditionnel si vous voulez, pensez à vous intéresser au magazine gratuit l’Indé Panda, dont j’ai déjà parlé à cette adresse : L'Indé Panda. Je vous y renvoie et ne m’étendrai pas de nouveau là-dessus. Petite remarque pour finir ce point : quand vous lisez les avis, apprenez à les lire, surtout les avis négatifs : vous savez qu’un livre ne peut pas plaire à tout le monde, mais vous savez aussi ce que, vous, vous aimez. Si vous aimez les livres un peu flous et compliqués, avec beaucoup d’intrigues qui se recoupent, et que vous aimez le plaisir de comprendre enfin, après des pages et des pages, ce qui était difficile à comprendre, ne tenez pas compte de la critique qui dit « on ne comprend rien, ce n’est pas assez expliqué. » Une telle critique peut bien apparaître comme une qualité pour vous ! Alors apprenez à lire les commentaires négatifs, parce que souvent ils dévoilent quelque chose d’intéressant, alors que les commentaires positifs trop enthousiastes ne disent pas grand-chose.

Enfin, pour vraiment découvrir mais aussi faire découvrir, n’hésitez pas à parler de l’autoédition à vos amis. Le meilleur moyen d’aider les auteurs indépendants serait encore de dissiper ce préjugé très français qui est que ce sont des sous-auteurs. Je dis « très français », parce que ce n’est pas aux Etats-Unis que l’on trouve ce problème : les auteurs indépendants sont largement lus, bien plus qu’ici, et personne ne s’en plaint. Alors, essayez de vous ouvrir, et parlez-en autour de vous. Sachez une chose : parmi tous les auteurs indépendants que j’ai lus, il n’y en a pour l’instant que deux que je retiens. Mais je préfère vous prévenir tout de suite : j’ai des goûts extrêmement limités en matière de littérature contemporaine, et il n’y a pas non plus beaucoup de livres que j’aime issus de l’édition traditionnelle. C’est bien pour changer, et essayer de découvrir autre chose que je me suis tournée vers l’autoédition, et je suis loin d’être déçue, parce qu’on y trouve, justement, de tout. Si vous aimez le style commercial grand public, fluide et facile à lire, ce dont j’ai horreur, vous trouverez votre bonheur aussi dans les auteurs indépendants : alors pourquoi limiter vos choix à l’édition traditionnelle, alors que vous risquez de passer à côté de quelque chose ? Si vous aimez la « grande littérature » comme moi, vous devriez aussi vous intéresser aux auteurs indépendants : parce que la grande littérature, vous le savez, ne se vend pas beaucoup, alors c’est difficile pour l’édition traditionnelle de prendre le risque de trop en publier. Ce sera difficile à trouver, c’est vrai : mais il y a aussi des auteurs indépendants qui aiment cette littérature.

2.      Soutenir les auteurs que vous avez aimés

Maintenant que vous avez découvert l’autoédition, des auteurs indépendants, une fois que vous en avez parlé à vos amis et à tout votre entourage, vous vous êtes constitué une liste d’auteurs que vous adorez, et vous vous demandez comment vous pourrez les aider en les faisant connaître. Très bien ! Voilà donc la deuxième étape de cet article, dans lequel je vais vous donner quelques conseils et vous faire découvrir quelques plateformes sur lesquelles vous pourrez vous engager. Je vais commencer par ce qui va vous paraitre anodin, ce qui est très loin d’être le réflexe premier de tous les lecteurs : laissez un commentaire sur Amazon. Cela vaut surtout si vous achetez sur Amazon, parce que c’est la plus grosse plateforme : mais laissez des commentaires, peu importe l’endroit où vous faites vos achats. Un article avec beaucoup de commentaires clients sera mis en avant par le site, et beaucoup plus regardé par les clients qui vont se précipiter sur les avis avant d’acheter, ne serait-ce que par curiosité.

Si vous avez un blog ou un site, évidemment, je vous suggère de faire une chronique : c’est apprécié des autres blogueurs, et n’y a-t-il pas de meilleurs lecteurs potentiels que les autres blogueurs ? Diffuser le titre d’un livre ou le nom d’un auteur sur internet, c’est le meilleur moyen de le faire connaître : à force d’entendre parler d’un livre, croyez-moi, on finit par vouloir le lire, surtout quand on voit que de plus en plus de personnes ont aimé. Si vous n’avez pas de blog, pas de panique ! Vous pouvez laisser un petit mot sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, il y a de nombreux groupes de partages de chroniques, d’avis, ou de reconnaissance des auteurs indépendants. Sur Twitter, vous devez absolument connaître le #JeudiAutoEdition, dans lequel vous partagez vos lectures autoéditées. Vous pouvez aussi utiliser le #MardiConseil ou le #VendrediLecture pour partager vos lectures préférées. Vous pourriez avoir l’impression que ce petit geste, au milieu de cette profusion de textes, livres et de chroniques ne servira à rien : mais c’est de petits gestes en petits gestes qu’on arrive à faire vraiment quelque chose. Pour les lycéens (et les profs), quelque chose que j'ai fait récemment : vous avez adoré un livre, pourquoi ne pas en parler au documentaliste pour qu'il le propose au CDI ? Le documentaliste ne sait pas toujours, à lui seul, quoi commander, et je vous assure qu'il sera ravi que vous lui proposiez des livres qui vous ont plu, parce que c'est vous qui avez le même âge que vos camarades et êtes le plus susceptibles de lui montrer ce qui sera lu. 

Enfin, je vais vous parler de quelque chose que je fais, parce que je pense que c’est le moyen le plus concret que nous avons de montrer notre soutien aux auteurs, et c’est également ce qui montre vraiment que nous voulons faire quelque chose. La plupart du temps, comme tout le monde, je profite soit des livres distribués gratuitement par les promos, ou des exemplaires gagnés lors d’un concours, ou j’achète au format numérique puisque ce n’est pas cher. Mais j’ai bien conscience qui si je passe mon temps à guetter les exemplaires gratuits, je n’apporterai jamais rien à l’auteur. Alors j’ai décidé de racheter systématiquement les livres que j’ai aimés au format papier : cela permet à l’auteur de vendre quelques livres papier, ce qui n’arrive pas souvent. On peut ainsi plus facilement montrer ou prêter le livre papier à des amis, car beaucoup de monde n’accroche pas encore aux e-book. Je sais bien, évidemment, que tout le monde n’a pas les moyens d’acheter tous les livres de la terre au format papier, et moi la première. Je ne vous dis pas de tout acheter : mais les livres que j’ai trouvés de très grande qualité, ou très prometteurs, je les ai rachetés. Très concrètement, depuis plusieurs mois que je ne lis plus que de l’autoédition, je n’en ai racheté que deux : Habeas Corpus de Victor Boissel, donc j’ai parlé ici : Habeas Corpus ; et La Rumeur de Solenne Hernandez, malgré tout le mal que j’en ai dit dans cet article : La Rumeur. Et histoire d’être cohérente, j’ai également acheté le tome 2 de La Rumeur au format papier (que j'ai lu et n'ai pas regretté, car même si je ne ferai pas de chronique, il était très largement meilleur que le premier). C’est par ce procédé que j’ai vraiment l’impression de faire quelque chose pour les auteurs indépendants que je veux faire découvrir et soutenir véritablement, parce que j’ai l’impression aussi, parfois, que quelques avis donnés çà et là ne sont pas suffisants, parce que le plus important reste de faire découvrir l’autoédition à ceux qui la jugent mal. Parce que je le répète, et je ne le répèterai jamais suffisamment : dans l’autoédition, il y a le pire, c’est vrai, mais il y a aussi, et de loin, le meilleur. 

jeudi 26 janvier 2017

L'Indé Panda

Depuis un certain temps, je me dis qu’il faudrait que je parle à mon tour de ce beau projet qu’est le magazine l’Indé Panda, au service des auteurs autoédités. Un beau projet qui soutient l’autoédition et vise à la faire reconnaître, ou du moins à montrer que non, les auteurs autoédités ne sont pas seulement les ratés qui racontent leur vie dans leur campagne et qui n’intéressent personne. J’avais déjà écrit un article sur l’autoédition, auquel je vous renvoie : Y a-t-il de bons livres autoédités ? 

Ces bons livres autoédités, dont j’ai parlé dans mon premier article, sont malheureusement perdus au milieu de la profusion de textes autoédités dont certains sont très mauvais, et la difficulté soulevée par les créateurs de l’Indé Panda, qui est une difficulté réelle, est justement celle-ci : comment choisir le bon livre dans cette liste qui n’en finit pas ? Certains aimerons peut-être se lancer dans l’inconnu et découvrir au hasard de nouveaux auteurs (ce qui n’est absolument pas mon cas), d’autres n’ont pas envie de prendre le risque de tomber sur un mauvais texte, ce qui est tout à fait compréhensible. Voilà donc quel est le projet de l’Indé Panda : tous les trimestres, sortir un numéro comportant une douzaine de nouvelles écrites par des auteurs autoédités et sélectionnées par le comité de lecture de l’Indé Panda. Ainsi vous pourrez :
- Lire des nouvelles gratuites et choisies (ce qui signifie que vous échappez immédiatement au risque de la mauvaise orthographe, puisque les nouvelles comportant des fautes sont immédiatement éliminées de la sélection)
- Découvrir des auteurs autoédités qui savent écrire et peuvent être intéressants. Vous trouverez d’ailleurs des interviews des auteurs sur le blog de l’Indé Panda.
- Vous précipiter ensuite sur les romans des auteurs que vous avez appréciés. En plus, certains auteurs sont déjà passés deux fois dans l’Indé Panda (dans les deux premiers numéros quoi, puisque pour le moment il n’y en a que deux).
Quant à ce dernier point, je peux vous assurer que ça fonctionne, on découvre vraiment des auteurs que l’on veut suivre, puisqu’après ma lecture des magazines j’ai acheté deux e-book de leurs auteurs (pour les curieux, les auteurs en question sont Solenne Hernandez, auteur de la nouvelle « Je m’appelle Marion » dans le second numéro, et Marie Havard, qui a écrit « La femme sans visage » dans le premier numéro).

J’ai, en effet, lu le deuxième numéro avant le premier, et cela tient en fait à l’organisation et au choix des textes, un point sur lequel je vais m’attarder puisque pour faire une chronique générale qui ne soit pas 12 petites chroniques sur les nouvelles, il faut que je m’arrête sur le travail des créateurs, c’est-à-dire : le choix des textes et leur ordre d’apparition dans le recueil.
Je vais commencer d’abord par le choix des textes. Il y a quelque chose que j’ai beaucoup apprécié, c’est la diversité des textes choisis. Je ne les ai pas tous aimés, bien sûr, mais c’est bon signe : je n’ai pas tout aimé parce qu’il y avait des styles ou des genres que je n’aimais pas, alors que d’autres oui. On voit que la sélection est sérieuse et cherche à être objective : ce n’est pas simplement le goût particulier du comité de lecture qui est pris comme critère, mais je pense qu’il y a un véritable travail dans le choix. En effet, il y a des textes écrits de façon orale, d’autres avec un style beaucoup plus carré, d’autres faciles à lire, d’autres plus compliqués qui invitent le lecteur à réfléchir. Comme vous le savez, c’est ce dernier point qui m’intéresse le plus, et j’ai été contente de trouver ce genre de nouvelles, puisque cette façon d’écrire n’est pas celle qui trouve le plus large public.
Bref, une démarche que j’apprécie puisque je m’attendais, par préjugé issu du dépit de toujours trouver les mêmes choses, à voir une profusion de textes commerciaux, faciles à lire, sur des thèmes communs et connus, ou originaux dans le fond, au lieu de l’être sur la forme.
En conclusion, moi et mes goûts de philosophe qui n’arrivons plus à lire des romans populaires à force d’être écrasés sous Kant et Platon avons quand même apprécié, non pas chaque texte individuellement, mais les différents textes mis ensemble dans un même recueil, parce que leur combinaison était bonne. Evidemment, on ne peut pas rassembler tous les genres, styles et domaines en 12 nouvelles, mais il apparaît dans les deux premiers numéros une volonté de ne pas toujours mettre la même chose et de vraiment varié, j’ai donc l’espoir véritable de voir encore dans les numéros suivants d’autres domaines d’écriture explorés par les auteurs.

Venons-en à l’organisation. J’ai d’abord lu le second numéro et cela tient essentiellement à l’ordre des textes, puisque la nouvelle dont j’ai parlé tout à l’heure, « Je m’appelle Marion » de Solenne Hernandez, est la première du recueil, et c’est bien cela qui m’a poussée à continuer à lire les nouvelles suivantes. Alors que dans le premier numéro, comme je n’avais pas du tout aimé la première nouvelle, je n’avais pas été plus loin. Je l’ai fait quand même ensuite grâce notamment aux auteurs qui avaient été publiés dans les deux recueils : la curiosité m’a fait aller voir ce qu’ils avaient écrit dans le premier numéro.
Toutefois, même si je n’ai pas aimé la première nouvelle du premier numéro, qui s’appelle « Dépendance » et est écrite par Nathalie Bagadey, au point quand même que j’ai failli me détourner complètement de l’Indé Panda (elle me semblait vraiment, vraiment trop « lèche-botte », mais je ne peux en dire plus pour ne pas spoiler), malgré tout je pense que ce choix était bon, et surtout qu’il était logique. D’ailleurs, même si je n’aime pas, de façon très personnelle, la nouvelle est bien écrite. Le point fort l’auteur, Nathalie Bagadey, qui est également dans le second numéro avec « La sirène », est la chute : la fin est surprenante pour les deux textes, et l’art de la chute est quelque chose que j’admire chez les autres puisque je suis moi-même tout à fait incapable de faire la même chose. Je vous recommande donc d’aller voir les deux nouvelles dont je viens de parler (même « Dépendance ! » Je sais bien que si je ne suis pas capable de lire dans un bon état d’esprit un texte qui parle de Greenpeace dès la deuxième ligne, c’est strictement personnel, et que cela ne retire rien à la bonne construction de la nouvelle en elle-même.)
Finalement, les ouvertures des deux premiers numéros étaient bien choisies selon moi. De toute façon, il est évident que la première nouvelle présentée sera déterminante donc nul doute que cela ait donné lieu à une longue réflexion des créateurs. La difficulté vient avec la suite.

Pour le premier numéro, j’ai eu l’impression que les nouvelles plus profondes étaient rassemblées au début. Je n’ai pas beaucoup aimé la première, mais à la suite j’ai commencé à avoir l’impression que c’était meilleur que le deuxième numéro, impression qui s’est finalement relâchée sur la suite. Il y a beaucoup moins du nouvelles « amusantes » sur celui-ci, l’accent a été mise sur les sérieuses (science-fiction, historique ou psychologiques). Il y a de belles idées, mais j’ai été plutôt déçue de la suite. Mon avis est personnel puisque j’ai une large préférence pour les nouvelles sérieuses, j’ai donc moins aimé la partie « amusante » qui est la deuxième partie du recueil.

Le second numéro comporte 11 nouvelles, la première étant « Je m’appelle Marion » de Solenne Hernandez, très beau texte, très poétique, et qui (point qui m’a fait acheter le roman de Solenne juste après) apporte une belle représentation de l’existence d’une personne qui n’est pas comme toutes les autres et à qui l’on ne peut pas reprocher de souffrir ; la dernière étant « Le Voyage » de Cindy Costes (auteur dont j’avais déjà lu, soit dit en passant, la nouvelle « C’est pour ton bien », qui abordait un problème social et psychologique intéressant bien que l’écriture ne soit par ailleurs pas du tout à mon goût), l’histoire d’un couple qui entreprend un voyage très particulier pour se reconstruire. Bon agencement selon moi, car l’ouverture et la fermeture apportent un message d’espoir, l’une faisant écho à l’autre.
Pour les autres nouvelles, il y a globalement un équilibre entre les nouvelles « sérieuses » et les nouvelles que je vais appeler « amusantes » (je mets dans « amusantes » les nouvelles comiques, les nouvelles à chute, et les nouvelles avec un style oral). Je mets dans les sérieuses : « Je m’appelle Marion » de Solenne Hernandez encore une fois ; « La belle retraite » de Khalysta Farall, dystopie qui interroge le rôle du travail dans la société ; « Le Vagabond » d’Alan Spade, thriller fantastique type La Momie ou Indiana Jones, ce qui signifie dans mon langage qu’il y a une statuette maléfique sortie d’une tribu du tiers-monde et qui va faire des ravages ; « A l’abri » d’Eric Abbel, de nouveau du futuriste pessimiste ; et enfin « Le Voyage » de Cindy Costes dont j’ai déjà parlé. Quand on regarde l’organisation globale, ce que je remarque est surtout le fait que, malgré l’alternance, les nouvelles sérieuses sont surtout sur les bords (au début et à la fin du recueil), et au centre de la liste se trouve une série de trois nouvelles amusantes : SOS de Jeanne Sélène, nouvelle à chute ; « Le petit chat est mort » de Nicolas Chevolleau, écriture orale ; « Le seigneur du château » de Patrice Dumas, nouvelle à chute. Construction que je trouve judicieuse puisque ce passage de nouvelles comiques au milieu permet de faire une pause dans la difficulté des thèmes abordés par les autres.

Voilà ce que j’avais à dire, je pensais faire quelques arrêts précis sur les nouvelles que j’ai préférées mais j’en ai finalement parlé en faisant la critique du magazine en lui-même. Si vous voulez en savoir plus sur l’Indé Panda, vous pouvez aller voir les liens ci-dessous.

Liens :

Twitter : https://twitter.com/LIndePanda
Facebook : https://www.facebook.com/LIndePanda
Booklaunch : http://booklaunch.io/indepanda/presentation

lundi 28 novembre 2016

Concours : "Offrez votre avis !"

Bonjour et bienvenue à la première édition (ou « édition test ») du concours « Offrez vos avis ! »
Je dis « première édition » car ce concours que je mets en place aujourd’hui pour Noël, j’espère bien le voir réussir et pouvoir le proposer à plusieurs auteurs indépendant une prochaine fois, pour vos faire découvrir plein de nouveaux livres et, par la même occasion, faire connaître des auteurs inconnus qui le méritent.
Parlons tout de suite de ce qui vous intéresse : qu’y a-t-il à gagner dans ce concours ? D’abord, sachez que le concours se déroulera en parallèle sur ce blog, sur Twitter et sur Facebook. Il y aura un gagnant par plateforme (vous pouvez toujours marquer votre inscription sur les trois sites si vous voulez plus de chances d’être tiré au sort à la fin, mais comme vous vous en doutez, tout le monde va faire pareil que vous…)
Alors, à gagner pour Noël cette fois-ci, il y aura… la seule chose que je peux proposer pour l’instant puisque je me lance tout juste dans la belle aventure de l’autoédition, un exemplaire dédicacé de Si la parole était d’or. Si vous avez tout suivi, vous savez donc qu’il y a trois exemplaires à gagner en tout (un sur Facebook, un sur Twitter, un sur le blog). Mais ce que vous devrez lire pour le concours, c’est La loi de Gaia.

Voilà comment cela va se dérouler. Vous savez sans doute qu’il y a une chose que tous les auteurs indépendants recherchent, ce sont les fameux « 50 commentaires Amazon. » Vous ne le saviez pas ? Eh bien maintenant, c’est fait, nous sommes tous à la recherche des 50 commentaires Amazon et les prochaines éditions du concours vont les aider à les obtenir.

Voilà ce que vous devez faire : jusqu’au 25 décembre, la version numérique de La loi de Gaia est gratuite ! Vous pouvez donc librement la télécharger sur votre liseuse, sur votre téléphone ou juste sur votre ordinateur. Vous devez ensuite le lire et, enfin, mettre votre avis, positif ou négatif, sur Amazon, avant le 1er janvier (Avertissement : pour mettre un avis sur Amazon, vous devez être client. Ce qui signifie que vous devez déjà avoir acheté quelque chose sur Amazon au cours de votre vie, mais en général c’est le cas). Voilà, c’est tout ! Un des participants qui aura mis un avis sera tiré au sort et remportera un exemplaire dédicacé de Si la parole était d’or.

Vous trouverez La loi de Gaia à cette adresse : AMAZON
Et Si la parole était d’or à celle-ci : AMAZON

Maintenant, quelques subtilités concernant les tirages au sort. Evidemment, il ne s’agit pas seulement de participer, il faut aussi que je le sache et que je puisse vous contacter si vous êtes l’heureux gagnant. Voilà comment vous devez faire :

•• Si vous découvrez le concours sur le Blog

Téléchargez, lisez et laissez votre avis sur Amazon.
Ensuite, laissez un commentaire en bas de cet article avec une copie de votre commentaire Amazon en preuve que vous avez bien laissé un commentaire. Et surtout, n’oubliez pas de me laisser un moyen de vous contacter si vous êtes le gagnant ! Vous pouvez mettre un lien vers votre profil Facebook, votre compte Twitter, votre Blog ou, en dernier recours, une adresse mail. Sinon, il vous faudra passer sur ce Blog après le 25 décembre pour voir si, par hasard, vous n’apparaissez pas dans le nom des gagnants.

•• Si vous voulez participer sur Twitter

Téléchargez, lisez et laissez votre avis sur Amazon. Jusque-là pas de changement.
Sur Twitter, retweetez l’annonce du concours qui est épinglée à mon compte, sur cette adresse : https://twitter.com/carolinegiraud1
Lors de votre RT, écrivez aussi une copie de votre commentaire Amazon comme preuve que vous avez bien commenté. Cela devrait me suffire pour vous retrouver par la suite.

•• Si vous voulez participer sur Facebook

Téléchargez, lisez et laissez votre avis sur Amazon. Toujours pas de changement.
Ensuite, mettez votre avis en commentaire de l’annonce du concours épinglée à ma page, à cette adresse : https://www.facebook.com/rodriguelancai



Merci à tous, bonne chance, et j’espère qu’il y aura beaucoup de participants, pour que d’ici cet été, on puisse vous proposer un concours spécial été avec plusieurs auteurs, plusieurs livres et plusieurs cadeaux à gagner !

samedi 27 août 2016

Y a-t-il de bons livres autoédités ?

Je suppose que le titre de cet article est un peu, diriez-vous, WTF, vu que je suis moi-même autoéditée, mais je ne vais pas parler de moi, ni des motivations qui m’ont fait m’autoéditer ou quoi que ce soit du genre. Certains penseront que j’essaie de me défendre, moi la pauvre auteure inconnue sans talent mais qui croit qu’elle peut intéresser des gens donc publie son livre toute seule, mais mon but premier est plutôt de refroidir un débat, en bonne prof de philo, et non donner mon avis à coup de grandes phrases exclamatives. A vrai dire, j’écris cet article en réaction à une violente conversation que j’ai lue sur Twitter – non pas violente au sens où, rassurez-vous, il y aurait eu insulte ou bagarre physique, loin de là, mais violente au sens de passionnée, d'un côté comme de l’autre.

Je ne suis pas ici pour dénoncer ou faire du règlement de compte, je ne vais donc pas citer, mais simplement résumer ce que j’ai pu lire. Une première personne, visiblement lectrice lambda passionnée de lecture mais bien ancrée dans l’opinion commune selon laquelle les auteurs autoédités sont les prétentieux qui croient que personne ne reconnaît leur génie (opinion qui n’est pas un mal, puisqu’elle est largement fondée, un grand nombre d’auteurs autoédités sont bien dans ce cas de figure) s’étonnait – que dis-je ! s’offusquait même – que des blogueurs, lors du célèbre hashtag #JeudiAutoEdition servant justement à faire connaître les livres autoédités qui nous ont plu, s’extasient devant des romans autoédités en disant qu’ils avaient adoré et que c’était formidable et qu’il fallait absolument le lire. Cette personne, en effet, soutenait avec certitude qu’il ne pouvait pas y avoir autant de livres autoédités aussi bien puisque sinon, ils auraient été édités par une maison d’édition.

A cela, une autre lectrice passionnée qui, de son côté, avait eu la chance de lire de nombres livres autoédités qu’elle avait adorés, répondait que ce point de vue était non seulement restrictif (si seulement la conversation s’était arrêtée là, j’aurais pu lui donner raison) mais surtout insultante envers des auteurs qui avaient choisi la liberté face au grand monument de la littérature commerciale qui se devait d’entrer dans des cases. Comme vous vous en doutez, l’autre personne s’est empressée d’accuser les autoédités de faire croire ce genre d’inepties pour se donner de l’importance, alors qu’ils avaient simplement « été refusés partout. »

Voilà le point de départ, et ce sur quoi je voulais intervenir. Je vais d’abord résumer mon point de vue en trois réponses (qui s’accompagneront bien sûr, pour être des réponses, de trois questions) :
- Y a-t-il de bons, voire très bons, voire excellents livres autoédités ? Oui.
- Les autoédités sont-ils souvent des fervents penseurs anticapitalistes qui ont en haine la politique commerciale dans grandes maisons d’édition ? Non.
- Les autoédités ont-ils « été refusés partout » ? Non.

Vous trouverez sûrement que mes deux dernières réponses sont contradictoires, mais c’est loin d’être le cas. Ce que je veux dire par ma dernière réponse, c’est qu’il est impossible d’avoir été refusé « partout » étant donné que personne (ou alors un seul auteur isolé dans le monde, plein aux as et en manque d'inspiration puisque quelqu'un d'autre aurait écrit un nouveau livre plutôt que de perdre son temps avec l'édition) n’a envoyé son manuscrit « partout. » D’une part, parce qu’il existe beaucoup trop de maisons d’éditions, et des petites notamment, pour qu’il soit possible de toutes les connaître. Personne n’envoie son livre « partout » mais seulement à certaines maisons sélectionnées, plus ou moins judicieusement. Certaines maisons choisissent en effet de publier ce qui est commercial : ce qui va plaire, ce qui va bien se vendre, ce qui se lit, en fin de compte, dans le train ou sur la plage, et qui n’est pas dégradant, loin de là, c’est un choix. Je suis loin de critiquer ces maisons d’édition : c’est un commerce et il est normal qu’elles veuillent vendre, ne serait-ce parfois que pour se maintenir. Et franchement, je (et n'essayez pas de faire croire que vous non) suis bien contente, l'été, d'avoir un petit Marc Lévy pour la plage, histoire de ne pas me trimballer Notre-Dame de Paris qui va me forcer à réfléchir pour comprendre alors que je suis tranquillement en train de bronzer). D’autres vont privilégier la qualité, d’autres ne publieront que des romans écrits à la première personne, d’autres que des romans fantastiques, d’autres que des biographies… Chacune a sa spécialité et la difficulté, quand on a un manuscrit entre les mains, n’est pas de trouver une maison « qui aime bien mon livre » : c’est de trouver une maison qui publie le genre de texte qu’on a écrit.

Evidemment, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. Et ce que je ne dis pas, c’est que le roman écrit quand j’avais 10 ans, qui est bourré de fautes d’orthographe, de fautes de style, et écrit à la main, pourrait être publié, parqu’aucun éditeur ne publie des romans avec des fautes d’orthographes et des fautes de style. Donc oui, l’auteur qui ne sait pas écrire et raconte sa vie passionnante au milieu de la pollution en assurant que c’est la plus merveilleuse autobiographie de la littérature ne sera édité nulle part. Alors, il n’aura plus qu’à s’autoéditer, et maintenir la très mauvaise réputation de l'autoédition au passage. Et croyez-moi : à propos d'un tel livre, aucun blogueur n’ira dire sur #JeudiAutoEdition « Je viens de lire le meilleur livre de ma vie ! » Non. Parce que s’il y a une seule chose que je croie, c’est qu’un livre se vend pour une seule raison : la pub. Ce n’est pas l’étiquette « Gallimard » qui fait acheter un livre, parce que chez Gallimard, il y a des bonnes bouses. Un livre se vend s’il peut plaire. Et c’est tout.

Mais s’il peut plaire, pourquoi n’est-il pas édité par une maison d’édition ? Ça revient au même.

Oui, parce que je n’ai pas terminé. Première raison qui peut faire qu’un bon livre a été autoédité : l’auteur ne connaissait pas LA maison d’édition qui était spécialisée dans ce qu’il écrit. Deuxième raison très bête et que les rageux de l’autoédition devraient se mettre en tête : autoéditer un ebook, c’est gratuit. Envoyer son manuscrit à des éditeurs, qui pour l’énorme majorité n’acceptent pas les envois par emails, ça coute très cher. Il faut imprimer le livre dans le format qu’ils demandent (et ce format, mes petits, c’est en recto seul avec la célèbre interligne 1.5 ou 2 qui double le nombre de pages), le relier, le mettre dans une enveloppe, timbrer l’enveloppe à 10 euros parce que notre manuscrit imprimé selon le diktat pèse déjà cinq kilos, apporter ce gros paquet à la poste avec ses petits bras, mettre une deuxième enveloppe timbrée pour récupérer son manuscrit s’il est refusé, ou en imprimer un nouveau pour l’éditeur suivant. Eh oui, ça coute de l’argent d’essayer de faire publier son livre chez un éditeur à compte d’éditeur, parce qu’il est extrêmement rare d’être pris du premier coup, et même dans les 10 premiers coups. Parce que, généralement, à qui envoie-t-on son manuscrit en premier ? Gallimard, Flammarion, Robert Laffont, XO, Le Seuil, Nathan, l’Ecole des Loisirs… Vous connaissez tous ces noms ? Oui. Tous les auteurs les connaissent et tous les auteurs leur envoient leur manuscrit. Et les éditeurs ont beau avoir peur de rater le futur chef-d’œuvre du siècle et lire tous les manuscrits reçus pour peu qu'ils soient écrit dans un français correct, ce qui se remarque au premier coup d'oeil, celui qui en est à son vingtième manuscrit de la semaine, pour peu que sa femme lui ait cassé les pieds la veille au soir, il sera de mauvais poil face à un bon manuscrit et le jettera. Il n’est pas impossible de publier un premier roman chez Gallimard : mais c’est de la loterie plus que de la course au mérite.

Autre point : il y a beaucoup de gens qui savent écrire. De même qu’il y a beaucoup de gens qui savent chanter. Vous les avez entendus à The Voice ? Ils chantent bien. Tous. Et pourtant, on ne peut pas tous les garder. Il y a cent bons romans qui arrivent chez l’éditeur ce mois-ci. Mais l’éditeur n’a pas les moyens d’en publier cent, parce que publier, ça demande un long investissement : alors l’éditeur va devoir en choisir un. Un, ce ne sera pas forcément le meilleur, ni le plus original, ni même forcément le plus vendable, mais simplement celui qui s’inscrira le mieux dans sa ligne éditoriale. Si vous avez aimé celui qui s’est fait éliminer au premier tour de la Star Ac’, vous pouvez aimer l’auteur autoédité qui, lorsqu’il a été refusé par les maisons d’édition, s’est peut-être tout simplement trouvé au mauvais endroit au mauvais moment.

J’avais dit que je ne parlerai pas de moi, en tant qu’auteur : je vais quand même parler de moi en tant que lectrice. Depuis que j’ai découvert Amazon Kindle (jour qui changea ma vie !) je lis des auteurs autoédités, puisque leurs livres sont beaucoup plus faciles à trouver en version numérique. Jusque-là, j’en fais la promesse solennelle, je n’en ai pas trouvé un seul qui fût truffé de fautes d’orthographe. Tous ces auteurs savaient écrire. Certains livres étaient plats, sans trop de style… mais franchement, Guillaume Musso aussi c’est plat et sans style, et pourtant ! Les livres que j’ai lus, bien notés par les lecteurs et les blogueurs, sont des livres qui auraient pu être édités, qui auraient pu plaire, mais auxquels l’éditeur a pu préférer un autre roman semblable. Pensez à celui qui reçoit, en une semaine, 100 romans policiers qui raconte un meurtre commis en haut d'une tour par un psychopathe qui voulait imiter le Joker : il ne va en publier qu'un, parce que tous racontent la même chose. Mais sur ces cent, il y en avait peut-être dix qu’il aurait pu publier, s’il n’avait choisi l'autre, pour une raison que nous n’avons pas à connaître. Il y avait peut-être dix fois la même histoire bien racontée, mais inutile d'en publier dix, et il a de fortes chances que le dixième lu lui semble sans originalité et répétitif alors que, s'il l'avait lu en premier, il l'aurait trouvé génial. D'ailleurs, pusique je ne parle pas de moi... mais si, parlons-en. La Loi de Gaia, ça s'inscrit quand même dans le contexte d'attentats terroristes. Vous avez une idée du nombre de livre parlant d'attentats que les éditeurs reçoivent depuis janvier 2015 ? Si j'avais été tentée par l'édition traditionnelle, ça aurait été très compliqué, quelle que soit la qualité du livre. Parce que, vous, vous n'avez pas tout lu : eux, ils ont lu beaucoup plus, et ce qui vous paraîtra original aura été un choix parmi d'autres livres semblables. Vous connaissez mon cauchemar ? Divergente. Oui, Divergente. Outre le fait que je n'aime pas du tout l'intrigue, la contexte de base est malheureusement très proche d'un roman que j'ai commencé à écrire il y a plusieurs années. Que va-t-il se passe si j'essaie de le publier maintenant ? Sans doute: "ça ressemble trop à Divergente." Alors sachez-le, je n'essaierai même pas de l'envoyer à des éditeurs (de toute façon, ça fait bien longtemps que l'idée ne m'a plu traversé l'esprit...), parce que ça va me coûter cher en impression, alors qu'autoéditer sera gratuit. Et mes livres sont lus quand même !

Je récapitule pour le moment ce que je voulais dire :
- La plupart des autoédités ont tenté sans succès le parcours traditionnel.
- Un certain nombre ne savent pas écrire ou écrivent des choses absolument inintéressantes.
- Mais certains, et je les remercie, ont tout simplement eu le courage de s’autoéditer et d’assurer eux-mêmes la promotion de leur roman. Parce qu'évidemment, il ne s'agit pas d'attendre devant Amazon que les ventes arrivent, il faut promouvoir. La promotion la plus simple et en même temps la meilleure est de faire don de quantité d’exemplaires gratuits à des blogueurs qui donneront leur avis (non, ça ne coûte pas d'argent, parce que contrairement aux éditeurs, beaucoup de blogueurs acceptent les ebook !). Les blogueurs sont des lecteurs comme les autres : s’ils adorent, d’autres peuvent adorer aussi. Voilà pourquoi, personnellement, je passe sur les blogs quand j’ai envie de découvrir un auteur autoédité, pour être sûre de ne pas tomber sur une catastrophe, et je vous conseille d’en faire autant.

Ce hashtag, #JeudiAutoEdition, est une invention formidable. Parce qu’il y a d’excellents livres autoédités qui peuvent plaire autant que les autres (et parfois, on peut bien trouver un auteur qui a refusé les services d’un éditeur trop prêt à charcuter la moitié de son texte pour réduire le prix de fabrication ou le rendre plus commercial…). Sur #JeudiAutoEdition, on voit, en effet, les lecteurs s’extasier sur un roman autoédité. Ce n’est pas de la mauvaise foi (à quoi bon ? Vous avez déjà recommandé un livre que vous détestez, vous ?) Au contraire, vous remarquerez très vite qu’au cours des semaines, quelques noms et titres ressortent du lot. Pour prendre l’exemple qui me frappe en ce moment : un certain Habeas Corpus de Victor Boissel. J’ai lu le début (n’oubliez pas avant d’acheter un livre qu’Amazon propose TOUJOURS un extrait gratuit) et j’ai presque été surprise qu’autant de lecteurs lambda aient à ce point aimé. Non pas parce qu’il est mauvais, bien au contraire : l’écriture est hautement littéraire et j’aurais cru que ça ne pourrait pas plaire à tout le monde. Je n’ai lu que le début pour l’instant, mais une chose est sûre : tous ceux qui ont eu le courage de s’accrocher le recommandent à présent. Alors je vais le lire, parce que je crois au bouche à oreille, que je me suis fait une idée du style de l’auteur grâce à cet extrait gratuit, et que je sais pertinemment qu’un tel début peut suffisamment décourager un lecteur pour qu’un éditeur n’ose pas prendre le risque de s’investir dans un tel texte, de la part d’un auteur inconnu.


Pour conclure, deux trois livres autoédités que j’ai lus :
- Effet Miroir de Vincent Rémont : ce n’est certes pas de la grande littérature, mais ma foi, si Guillaume Musso écrit des livres « assez bons pour être édités », lui aussi, parce que c’est exactement du même style. Mais évidemment, quand XO a le choix entre ce monsieur dont personne n’a jamais entendu parler et M. Musso qui nous a fait exactement le même scénario, qui va-t-il prendre, à votre avis ?
- Le manuscrit de Mathias Lanuit : c’est une nouvelle, ça se lit vite je n’ai pas trouvé ça excellent mais je suis tentée de reprendre l’argument de ma bête noire citée ci-dessus.
- Au nom de quoi de Dorian Meune : j’en ai déjà fait une critique détaillée ICI alors allez voir vous-mêmes.
- Jusqu'où va l'amour de Jack-Laurent Amar : un chef-d'oeuvre. Allez voir ICI


Et je ne parle pas de ceux que je n’ai pas aimés parce que, comme la plupart des gens, quand je n’aime pas quelque chose, je n'ai aucune envie de le faire connaître. Voilà pourquoi vous n’aurez jamais de livre catastrophique sur #JeudiAutoEdition.