Les footballeurs (re-)passent le bac ! (Mondial 2018) #1


2016. Coupe d’Europe. Défaite de la France en finale (oui oui)
Et pour l’occasion, les sujets de philosophie de bac avaient été traités par mes soins, au moyen de citations de footballeurs. Vous vous en souvenez ? C’était les footballeurs (et autres) passent le bac.
L’année dernière, pas de Coupe, pas de fausses dissertations : j’avais plutôt profité des semaines précédant le bac pour proposer des exemples d’œuvres littéraires à citer au bac de philo. Bien plus utile, mais bien moins drôle.
Alors les footballeurs reviennent ! Après vous avoir dit l’an passé ce qu’il fallait faire, voilà cette année ce qu’il ne faut surtout pas faire. Premier match le 14 juin, en entre-temps, une dissertation tous les mercredis et samedis.

EVIDEMMENT je ne peux pas faire les sujets qui vont tomber en France métropolitaine, je ne les connais pas ! Voilà donc pour commencer le sujet tombé cette année à… 

Amérique du Nord, série L

L’homme politique doit-il chercher à être efficace à tout prix ?

L’homme politique est celui qui dirige. La politique, c’est comme le foot, et celui qui dirige, c’est l’entraîneur. Efficace signifie qu’il faut gagner. Il semble évident, par conséquent, que l’entraineur doit être efficace à tout prix, sinon des centaines de personnes seront déçues de perdre la Coupe du Monde. Nous nous demanderons donc si l’entraineur doit être efficace. Dans une première partie nous verrons que oui, ensuite nous verrons les obstacles à l’efficacité, et enfin nous verrons qu’il ne faut pas juste espérer gagner mais aussi se donner les moyens d’être efficace.

I/ L’entraîneur doit être efficace

Dans un premier temps, nous pouvons répondre « oui » à la problématique posée. Il est clair que l’entraîneur a comme but premier d’être efficace. S’il ne l’est pas, il risque de décevoir tous ceux qui pensent gagner la Coupe du Monde. Mais comment faire pour être efficace ? La première chose c’est de connaître les règles pour pouvoir les appliquer au mieux. C’est exactement ce que disait Platini : « Ben on peut dire que la clé est que c'est l'équipe qui marquera le plus de buts qui gagnera, et celle qui en marquera moins qui va perdre ! » Une fois qu’on a la clé de la réussite, il faut faire des hypothèses sur les actions à mener. La plupart du temps, il ne faut pas chercher trop compliqué, sinon les joueurs, qui représentent le peuple ignorant, ne comprendront pas. La meilleure hypothèse d’action, la plus efficace et la plus simple, est sans doute celle de Boskov : « Je pense que pour marquer un but il faut tirer dans le but ! »

Le mieux est quand même de prendre exemple sur ceux qui ont été les plus efficaces. Le foot est un sport collectif : il ne faut pas travailler tout seul mais étudier les autres, à commencer par les allemands. En effet, c’est très clair que les allemands sont les plus efficaces. C’est bien ce que dit Platini : « Les allemands quand ils sont mauvais ils vont finale, quand ils sont bons ils gagnent. » Cela prouve bien que même l’efficacité n’empêche pas de perdre la finale, quand on n’est pas assez attentif. Il ne suffit pas d’avoir des prédispositions. Il y a des personnes qui sont immédiatement douées, pour le foot, elles doivent essayer d’être efficaces quand même. Autrement dit, même si, comme le dit Gary Lineker : « Le football est un sport inventé par les Anglais qui se joue à onze et où les Allemands gagnent à la fin », cela n’a pas empêché les allemands d’être mauvais et de ne pas gagner la finale.

Donc pour être efficace, il faut commencer par s’entourer d’allemands efficaces qui travaillent bien. Une équipe de bonne qualité ne peut pas se construire avec des joueurs moyens. C’est la même chose avec les omelettes : on ne fait pas de bonne omelette avec des œufs de mauvaise qualité. Mais je vais plutôt, sur ce point, citer Mourinho, qui explique cette idée bien plus clairement : « Notre style de jeu c’est comme les omelettes et les œufs. Pas d'œuf, pas d'omelette ! Au supermarché, vous avez des œufs de classe 1, classe 2, classe 3... Certains sont plus chers que d'autres et donneront une meilleure omelette. » Nous avons donc vu dans cette première partie qu’il fallait être efficace. En deuxième partie, nous verrons les obstacles.

II/ Parfois il y a des obstacles

L’efficacité est importante mais elle ne marche pas toujours. Par exemple, même si on met au point une bonne stratégie, on peut se retrouver face à des situations inattendues ou des équipes inattendues. Par exemple, la France était efficace en 1982, mais leur stratégie ne pouvait pas fonctionner avec tous les pays, c’est pourquoi il aurait fallu s’adapter à la situation particulière qu’ils ont rencontrée en demi-finale contre l’Allemagne. Thierry Roland n’avait pas hésité à dire, d’ailleurs : « Force est de constater que l’Allemagne, ça n'est ni l’Autriche, ni l’Irlande du nord… » C’est un véritable obstacle parce que s’il est facile d’être efficace contre l’Autriche ou l’Irlande du Nord, c’est autre chose contre l’Allemagne, qui sont, comme nous l’avons dit avant, les meilleurs dans l’efficacité.

L’autre type d’obstacle est l’obstacle matériel. Les problèmes que l’entraîneur peut rencontrer ne se réduisent pas aux équipes adversaires et à leurs singularité. Il y a aussi les problèmes dus aux différents terrains et à la disposition des buts ou des poteaux. Cela peut poser des problèmes même quand le plan d’action était bien mis en place. Nous pouvons par exemple penser à ce qu’a constaté Dugarry : « Il était bien tiré ce penalty, dommage qu’il y avait le poteau... » On a beau être parfaitement bien préparé, si on est malchanceux, on ne sera pas efficace quoi qu’il arrive. Mais puisque nous connaissons maintenant les obstacles à l’efficacité, nous pouvons chercher des solutions.

III/ Il ne faut pas juste espérer mais aussi se donner les moyens d’être efficace

Nous avons donc deux problèmes, qui sont la malchance et les situations imprévues. Contre la malchance, malheureusement, il est difficile de faire quelque chose. La chance repose sur le hasard, et nous ne pouvons rien faire pour l’attirer de façon certaine. Mieux vaut se réjouir de ce que l’on a déjà, et espérer que cela dure. Eric Cantona l’avait bien compris, quand il disait : « La vie est toujours trop cruelle. Tout ce que nous pouvons faire, c’est essayer de passer le ballon et laisser le soleil briller. En espérant qu’il brille pour tout le monde ! » Mais se contenter d’attendre la chance n’est pas une garantie de réussir. Il vaut mieux se donner les moyens.

Etre efficace, bien sûr, c’est gagner : mais c’est aussi savoir quoi faire pour gagner. C’est bien ce qu’expliquait Charles Biétry : « Une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne ou ça se perd. » Lorsqu’on arrive en finale, il ne faut plus se contenter d’attendre la chance, de réfléchir à des stratégies pour jouer : il faut choisir entre perdre et gagner, et évidemment le rôle de l’entraîneur c’est de nous faire gagner. Il ne faut pas oublier cependant que si l’entraîneur, le chef, doit chercher à être efficace à tout prix, le politique et le foot ne peuvent marcher dans la masse des joueurs. Eux aussi doivent s’efforcer de faire de leur mieux, et suivre la leçon de Luis Fernandez : « En compétition, il y a toujours un premier et un dernier, mais l'important est de ne pas être le second de soi-même. »

Pour conclure, nous avons montré que l’entraineur devait être efficace, mais qu’il y avait des obstacles et des solutions pour gagner la Coupe du Monde quand même.

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