Mes lectures du mois # Novembre

Souvent je lis cette remarque ridicule, voire absurde, sur les groupes de lecteurs ou d’auteurs autoédités sur les réseaux sociaux : « Aujourd’hui tout le monde écrit, mais personne ne lit. » Ah. A mon avis, quelqu’un qui ne lis pas ne peux pas écrire bien. Donc ceux qui écrivent lisent. D’ailleurs, ce serait étrange de prétendre que quelqu’un qui aime écrire n’aime pas lire à côté de ça. Alors, pour participer à la destruction de ce préjugé, je vais vous présenter les livres que j’ai lus ce mois-ci. Et peut-être les mois suivants aussi, si j’ai le temps. Comme ça vous verrez bien qu’un auteur lit… et même ce qu’il lit.

Ce mois-ci j’ai lu trois livres, je vais dire un mot sur chaque, en partant de celui que j’ai le moins aimé jusqu’à celui que j’ai préféré. Pour garder le meilleur pour la fin. Alors, je commence… prêts ?

Le cercle secret de L. J. Smith 

C’est quoi ce caca ? Bon, voilà, c’est à peu près ma réaction après l’avoir lu. J’ai trouvé ce livre dans la boite à lire de Nancy. J’aime bien lire la littérature adolescente, parce que certains livres sont très bons et soulèvent des questionnements intéressants, par exemple sur le bonheur, la religion, voire la politique. Et ça me permet dans parler dans mes cours. Mais franchement, ce truc-là…

Bon, revenons au début : le résumé annonce l’histoire d’une jeune fille qui se fait une grande amie dans son nouveau lycée, et tombe malheureusement amoureuse du petit ami de cette dernière. Amour interdit, qui va être scellé par un pacte, de telle sorte qu’au moindre écart, une malédiction se déchainera sur elle.

Voilà, je vous ai tout spoilé. Désolée, je me suis contentée de répéter ce qui est sur la quatrième de couverture. Mais le garçon en question apparaît à la page 200, sur 260 pages de livres, et le pacte magique se fait vers la page 250.
Bon, certes, ce n’est pas parce que l’éditeur est stupide et a spoilé le livre que le livre est nul pour autant. Mais voilà de quoi ça parle vraiment, en fait : c’est une fille qui arrive dans son nouveau lycée, et qui passe son temps à croiser des gens incroyablement sexys. En gros, c’est un peu un défilé de mode, comme livre. Tout le monde il est beau, tout le monde il est sexy, mais bien sûr plus on est sexy (plus on est habillée comme une p*** avec forte poitrine et maquillage), plus on est méchant ; et plus on a une beauté naturelle, plus on est gentil. Au secours les clichés. Ceux qui me connaissent un minimum savent en plus que je supporte très mal ce genre de raccourcis – qu’on peut appeler préjugé, non ? Voilà, donc la fille a que des camarades sexys, et dans l’ensemble qui ne l’aiment pas. Résumé beaucoup moins attrayant que celui de la quatrième de couverture, je vous l’accorde, mais qui spoile beaucoup moins…

Emulsion de Vanaly Nomain

Tout de suite, on change de registre, et on change de niveau. C’est un livre comme il devrait y en avoir plus, et un livre qui justifie mon combat acharné pour la reconnaissance de l’autoédition. Parce que c’est un livre instruit, intelligent, qui apporte une vision du monde – vision que je n’ai pas du tout aimée. Non, je n’ai pas aimé les interrogations que posaient ce livre, et je préfère d’ailleurs les livres qui posent des questions et font réfléchir plutôt que ce qui apportent des réponses. Pour ce livre, je n’ai pas du tout aimé ce sur quoi il nous pousse à réfléchir. Je n’aime pas les discours défaitistes sur le monde actuel,  ce qui est très personnel de toute façon donc ne mérite pas que je m’y étende.

Et qu’est-ce que ça peut faire, de toute façon ? Ce n’est pas mon goût personnel qui va déterminer la qualité d’un livre. Donc oui, je l’affirme et c’est possible, je n’ai pas aimé mais c’est un excellent livre dont je recommande chaleureusement la lecture parce qu’il mérite d’être connu. D’ailleurs, comme je l’ai dit dans mon article Comment aider les auteurs indépendants quand je pense qu’un livre autoédité mérite d’être connu, je l’achète au format papier. Alors, c’est fait, je l’ai acheté au format papier.

C’est donc un livre fantastique, où le fantastique est présenté comme scientifique et crédible. C'est extrêmement pertinent et bien renseigné. L’histoire est extrêmement bien construite et correspond en plus parfaitement à mes goûts (et comme la forme compte beaucoup plus que le thème dans mes critères, ça justifie le fait que je l’ai adoré malgré tout) : je me suis longtemps demandé où l’auteur voulait en venir, pour me rendre compte finalement à la fin que tout était parfaitement agencé et que l’histoire formait un tout. Il y a une suite, et j’ai tendance à ne pas aimer les suites, surtout quand un roman me semble aussi complet que celui-ci : la fin était parfaite, l’histoire complète, mais évidemment, je lirai le deuxième tome dès sa sortie.

Dracula de Bram Stoker

Et mon coup de cœur va à… Dracula. Je dis bien « coup de cœur », parce que ce n’est pas seulement le meilleur sur les trois livres que j’ai lu ce mois-ci, il m’a tout simplement fascinée. Ça faisait des années que je n’avais pas été portée par un livre comme ça. Ne comprenez pas « portée » au sens de l’évasion, vous savez, surtout depuis que j’ai écrit Contre la mode de l'originalité que je trouve inquiétante cette tendance à l’évasion. J’avais du mal à lâcher le livre, que je trouvais très addictif. Mais c’est vrai que j’ai un gros faible pour les romans qui partagent les points de vue entre plusieurs personnages, alors forcément, un roman épistolaire de ce style ne pouvait que me plaire. En plus, j’ai vraiment adoré la construction ; certains trouveront sans doute ce livre très long, parce qu’il tourne autour de deux événements principaux, il est centré en fait sur deux personnages plutôt secondaires (les deux femmes, Lucy puis Mina), deux événements sur lesquels s’accumuleront les pensées de trois, quatre, cinq personnages principaux (en incluant les deux femmes).

Même si ça m’a fait penser aux Liaisons dangereuses, qui font partie de mes dix livres préférés ce n’est quand même pas du même niveau. Le changement de style grandiose qu’il y a entre les personnages des Liaisons dangereuses n’existe pas ici, où c’est beaucoup plus uniforme, mais faire un roman épistolaire avec du fantastique est tout de même une idée géniale, et donne à l’histoire un effet réel qu’elle n’aurait pas eue avec un récit plus habituel. Dracula, je ne l’avais pas lu, et j’ignorais ce que c’était vraiment. Je ne regrette absolument pas de l’avoir enfin découvert dans ce qu’il était vraiment un l’origine, un mythe qui méritait d’avoir une telle répercussion par la suite.


Commentaires

  1. Merci Caroline pour ce retour tout en subtilité sur mon roman Emulsion. Bon je suis entre le pire et le meilleur, donc tout va bien :-)
    Ton avis, comme tu le dis est très personnel. Je suis désolée si j'ai donné l'impression de donner des réponses, bien au contraire j'avais plutôt la sensation lors de l'écriture de faire extrêmement attention car je n'aime pas non plus diriger vers des solutions et des réponses que je n'ai pas moi-même...

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