Si la parole était d'or est-il autobiographique ?

Bonjour,

Suite à plusieurs questions, demandes, mystères insupportables et irrésolus, critiques de lecteurs avides de potins à raconter... je pense qu'il ne serait pas inutile de faire ce petit article pour parler un peu plus de Si la parole était d'or : s'agit-il d'un roman autobiographique ou, du moins, d'un roman fortement inspiré de ma vie réelle ? Je vais vous décevoir les amis : non. Si la parole était d'or est bien fictif... du moins pour la plus grande partie.

Mais je vais préciser un peu. L'histoire de fond est évidemment fausse. A vrai dire, dans la première version du livre... Mais non je ne vais pas vous spoiler ! En tout cas la première version renfermait un détail qui rendait impossible l'idée que le récit pouvait être autobiographique. J'ai supprimé ce détail, ce qui laisse le doute planer, mais ce n'en est pas moins fictif. 

Commençons par les personnages... Il n'y en a un qui peut bien être assimilé à quelqu'un de réel, en effet, et encore avec beaucoup de différences : c'est Aline. Parce qu'Aline, dans la troisième partie du livre, propose à Emilie d'écrire un roman (qui sera justement Si la parole était d'or). Et il y a bien quelqu'un un jour qui m'a conseillé d'écrire ce roman, quelqu'un qui chante comme Aline, que je voyais souvent comme Aline (en révisant l'histoire pour l'ENS), donc Aline est bien un hommage à cette personne. En revanche, Emilie est loin de me ressembler (je râle tout le temps, mais je ne supporte pas les gens qui râlent tout le temps, donc je ne supporte pas d'être assimilée à Emilie). Un autre personnage extrêmement secondaire sera vite reconnu par ceux qui me connaissent bien, c'est évidemment le prof de philo dont le nom n'est même pas cité : "Monsieur G." Même s'il me taperait de savoir que je parle de lui dans un torchon marclévyesque pareil, je n'avais pas de meilleure façon de le remercier de m'avoir si bien fait découvrir la philosophie à moi aussi... Donc, cher Monsieur G., je m'excuse, et je vous remercie.

Aucun des autres personnages ne correspond à qui que ce soit, ils sont purement inventés. Heureusement d'ailleurs, parce que vu tout ce que balance Emilie sur ses proches, on y verrait vite un règlement de compte avec tous les gens qui m'ont énervés. Alors, si tout est inventé, pourquoi me casser la tête à écrire un article, me direz-vous ? J'aurais pu tout simplement dire "oui, c'est fictif, deux personnages sont inspirés de personnes réelles comme ça arrive souvent dans un roman d'ailleurs..." 

Mais j'avais envie de faire un petit point sur ce qui était autobiographique. Héhé oui, il y a des passages autobiographiques ! Et je vais encore vous décevoir, parce que ce ne sont pas les passages les plus importants. Non, en réalité, l'autobiographie se trouve dans les petites anecdotes de la prépa et de la fac. Les anecdotes amusantes, bien sûr. Autrement dit :

  • Mon (formidable) prof d'histoire de prépa, que je salue d'ailleurs, s'est bien amusé à me prendre en exemple, alors que j'étais malade, pour illustrer le cours sur "Hygiène et santé" et les crachoirs portatifs.
  • A la fac, il y avait un prof qui avait une "tête de prof qui meurt dans les films d'horreurs", que personne n'écoutait et qui pendant un cours n'a pas arrêté d'aller voir dans le couloir d'où venait un bruit étrange.
  • Le tout début de la troisième partie, et mes considérations sur le prix du Orlyval et autres, est un statut que j'avais effectivement posté sur Facebook en retrant de vacances.
  • Et sur la fin, plusieurs remerciements cachés sont de vrais remerciements. Une liste de noms, notamment, est citée à un moment, mêlant les personnages du livres et d'autres qui sont en fait les personnes qui ont participé, volontairement ou pas, à l'écriture du livre. 

Evidemment, j'ai tout fait pour maintenir l'ambiguïté. Je sais que malgré ce que j'ai raconté, beaucoup seront encore persuadés qu'il y a plus d'autobiographie dans le livre que je ne veux bien le dire, et croyez-le ! Ca me fera sans doute de très bonnes critiques. J'aime beaucoup voir les diverses interprétations qu'il peut y avoir de mes livres (ça me donne l'impression d'avoir écrit quelque chose d'intelligent !) 

Et puis, comme l'a très bien montré cette blogueuse, je suis quelqu'un remplie d'ambiguïté : 

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Mes 10 livres préférés

Enooormes : trois héroïnes contre les préjugés

Le texte de la semaine # 1 – Les Mains Sales, Jean-Paul Sartre