mercredi 30 mai 2018

Les footballeurs (re-)passent le bac ! (Mondial 2018) #2



Les footballeurs n'ont pas fini de passer le bac ! Voilà le deuxième sujet, après L’homme politique doit-il chercher à être efficace à tout prix ?


(Amérique du Nord, série S)
Est-ce le corps qui produit la pensée ?

Lorsqu’on est footballeur, on doit se servir de son corps, c’est une évidence. Mais il faut aussi se servir de son esprit. Le problème, c’est qu’on croit souvent que les footballeurs n’en ont pas beaucoup et qu’ils ne sont pas très intelligents. En réalité, ils ont peut-être un esprit différent du nôtre. Nous allons donc nous demander si c’est le corps qui produit la pensée des footballeurs. Nous verrons dans un premier temps que le corps est important, ensuite que des fois le corps ne marche pas bien, et enfin qu’il faut essayer de construire sa pensée tout seul sans le corps.

I/ C’est le corps le plus important dans la vie

Premièrement, il faut remettre en question un préjugé. On croit que les footballeurs n’ont pas d’esprit, qu’ils se servent uniquement de leur corps. Mais c’est parce qu’on ne se rend pas compte que l’intelligence des footballeurs est à l’intérieur de leur corps. Il n’y a que quelques philosophes qui s’en sont rendu compte par une analyse très précise, comme Michel Hidalgo, qui dit : « Même ses pieds sont intelligents », c’est-à-dire que non seulement il a bien de l’intelligence dans son corps, mais jusqu’aux pieds, l’organe le plus éloigné du cerveau pourtant. Mais ce n’est pas parce qu’ils ont de l’intelligence dans les pieds qu’ils n’en ont pas aussi dans la tête. Comme l’a dit Thierry Roland : « Ce joueur-là est loin d'être manchot de la tête ! » C’est donc un préjugé de croire qu’ils sont manchots de la tête, seulement parce que leur intelligence est répartie dans tout leur corps, contrairement aux gens normaux.

Ce qu’il faut savoir, c’est que tout le monde est différent alors il ne faut pas juger les autres. On ne sait jamais où est l’intelligence dans le corps. Comme dit Mourinho : « Des fois nous voyons des personnes jolies sans cerveau, d’autres fois des personnes moches qui sont intelligentes, comme les scientifiques. Sur notre pelouse, c’est un peu comme ça ! » L’apparence du corps détermine le niveau d’intelligence, parce que c’est le corps qui produit la pensée.

Enfin, tout le monde est capable de se rendre compte que les problèmes que rencontre notre pensée a un lien avec le corps. Lorsque l’on est devant une situation difficile, on a tendance à dire, à l’image de Ribéry : « On a dur, franchement on a dur. »  Mais « dur » désigne une sensation physique. Les situations difficiles pour la pensée sont donc d’abord ressenties par le corps. Nous avons donc bien montré dans cette première partie que le corps est important, maintenant nous allons voir les limites du corps.

II/ Mais des fois le corps marche pas bien

Nous allons commencer par prendre des exemples pour montrer que le corps ne marche pas toujours très bien. On peut commencer par Ribéry : « Au niveau des sensations, je n'ai rien ressenti. » Le corps est censé pouvoir transmettre des sensations à la pensée, mais là le corps de Ribéry n’a pas bien marché. Autre exemple, Charles Biétry : « Il ne faut pas avoir la main qui tremble pour détourner ce coup franc, mais il ne faut pas avoir non plus le bras qui tremble, ni la tête qui tremble, pour prendre ses appuis ! » Là c’est un cas très compliqué, parce qu’il faut prendre ses appuis et détourner le coup franc, mais si le corps tremble, on ne pourra pas le faire. Mais nous pouvons trouver encore un exemple beaucoup plus grave, celui de Jean-Michel Larqué : « Le tir est passé entre les pieds, à hauteur de la hanche ! » On constate ici un corps complètement déformé, et on peut supposer que la pensée devient difficile avec un corps tordu à ce point.

Il arrive donc que le corps ait des imperfections. Mais le souci, c’est aussi que le corps n’est pas toujours ce qu’on espère, et aussi qu’on ne peut pas l’utiliser pour faire n’importe quoi. Même si un corps en bon fonctionnement est essentiel pour vivre, et pour faire face aux situations, il ne peut pas non plus être utilisé pour n’importe quoi, notamment pour être mangé. C’est ce qu’avait bien compris Louis Nicollin quand il disait : « On va pas se couper le cul en rondelles pour faire du saucisson. » Si Intermarché est fermé et qu’on veut manger du saucisson, on a beau avoir un corps qui nous permet de marcher jusque-là, il faudra faire l’impasse sur ce désir.

Le dernier problème, c’est que les facultés du corps sont encore mystérieuses et on ne les connaît pas toutes. Le cerveau, en particulier, est très complexe. Mais en pensant sans arrêt au cerveau et à sa complexité, nous oublions souvent que les autres organes aussi ont une part de mystère que l’on n’arrive pas bien à percer. Par exemple Vincent Guérin : « Je crois que j'ai deux pieds. J'ai cette faculté depuis tout petit. » Il n’en est pas sûr, parce que même s’il semble évident qu’il a deux pieds, nous sommes parfois sujets à des illusions, et finalement rien n’est certain. Ainsi, nous avons vu les problèmes que posaient le corps, à présent nous allons voir les solutions pour la pensée.

III/ Du coup il faut construire la pensée autrement

La première solution, puisqu’on ne peut pas toujours compter sur le corps, c’est de produire sa pensée tout seul, directement avec son esprit. Apparemment, c’est la solution qu’a choisie Ribéry lorsqu’il dit : « Moi personnellement, je me critique moi tout seul. » Son corps devrait être en mesure de se critiquer lui-même et de se réparer, comme n’importe quel organisme vivant, mais il préfère s’en remettre à son esprit et faire lui-même son autocritique.

La deuxième solution est de compter sur autrui pour construire un grand corps collectif : ainsi, les problèmes d’un corps seront compensés par les corps des autres qui s’additionnent. Une difficulté reste présente toutefois : il faut réussir à se coordonner, et ce n’est pas toujours simple. C’est ce qui a été constaté par Charles Biétry : « On le voit, que les Grecs ont plus envie de gagner que les Tchèques. Les Tchèques ont envie, mais pas ensemble. S’ils ne réussissent pas à marquer, c'est qu'ils ne parviennent pas à avoir tous exactement la même envie ! » C’est donc une solution à long terme, puisqu’il faut d’abord apprendre à avoir la même envie et à coordonner les corps en un grand corps collectif.

Enfin, en cas de désespoir, il reste toujours la religion. Parfois nous avons l’impression de ne plus avoir de solution, et si on est quelqu’un d’optimiste, la foi va prendre le dessus : on va se dire qu’on sera sans doute récompensé plus tard. Et cela fonctionne pour ceux qui y croient vraiment. Guy Roux l’avait bien remarqué chez des joueurs : « Ils ont l'bon Dieu dans les chaussures ! » De tout temps, la foi a été la réponse aux problèmes que l’on ne savait pas résoudre. Le problème du corps et de la pensée en fait partie, il faut donc compter sur Dieu.

En conclusion, nous avons donc vu que la pensée dépend du corps mais pas toujours et qu’il y a d’autres solutions.

dimanche 27 mai 2018

13 reasons why : recherche de la vérité ?


La saison 2 de cette très belle série est sortie la semaine dernière, et elle a été à la hauteur de la première. Je me demandais pourtant comment on pouvait faire une nouvelle saison acceptable et intéressante sur une histoire terminée. Pourtant, il fallait bien poursuivre la réflexion qui traversait toute l’histoire d’Hannah Baker : la recherche de la vérité.


Au travers de ses cassettes, Hannah dévoilait à ses camarades de classe, dans la saison 1, des événements et des pensées qu’ils n’avaient pas imaginés. Elle dévoilait une vérité qui contredisait radicalement leurs croyances, auxquels ils ont eu tellement de mal à renoncer qu’ils l’ont immédiatement soupçonnée de mentir. La première saison de 13 reasons why montrait à quel point il peut être difficile de reconnaître la vérité, ou de l’admettre. Le problème de la vérité va être encore approfondi et incroyablement complexifié par la saison 2, qui met en scène le procès suivant le suicide d’Hannah. Dès la saison 1, on savait que ses parents s’apprêtaient à attaquer le lycée, qui laissait faire le harcèlement dont elle a été victime.

On pourrait croire que la deuxième saison est à nouveau une recherche de la vérité. N’est-ce pas l’enjeu de tout procès ? Déterminer quels ont été les faits, reconstruire le puzzle en confrontant les témoignages ? Effectivement, des témoignages vont être confrontés et de nouvelles informations découvertes. Mais on se trompe si l’on croit qu’un procès a comme objectif d’établir la vérité. C’est loin d’être l’objectif des deux avocats : le but n’est pas de trouver la vérité, mais d’avoir raison. Le but de l’avocat n’est pas de savoir ce qui s’est vraiment passé, mais d’interpréter les faits de telle sorte qu’il serve sa cause.

La structure générale de la série reflète l’attitude de Clay face aux discours des témoins et des avocats, l’attitude que le spectateur lui-même peut être amené à prendre. Comme Clay, nous avons cru aux révélations de la saison 1 : à aucun moment nous ne nous sommes demandés si Hannah disait la vérité ou non, nous y avons cru, parce que c’était le seul point de vue qui nous était donné. Brusquement, nous entendons des discours différents, plus précis, parfois purement et simplement contradictoires. Mais au début nous croyons Hannah, et sa version des faits : quand des témoins comme Marcus disent des choses contraires à ce qui a été raconté dans la saison 1, un flash-back nous montre ce qui s’est vraiment passé, pour qu’on puisse distinguer la vérité du mensonge. Tout ce que nous voyons au début, c’est que la vérité importe peu pour l’avocate de la défense, qui saisit la moindre occasion pour déformer les propos des témoins de la partie adverse.

Cette construction se poursuit jusqu’à l’épisode très intéressant autour du conseiller d’éducation, M. Porter. Alors que depuis le début on peut facilement distinguer les vrais témoignages des faux grâce aux flash-back, pour la première fois, on va voir des événements qui ne sont jamais arrivés : les flash-back montrent en fait les regrets de Porter, la façon dont il aurait aimé que les choses se passent, tandis que son discours rapporte ce qui s’est réellement passé.

La pierre de touche que l’on avait, les flash-back, deviennent alors une source douteuse. Après tout, qu’est-ce qui nous prouve que les flash-backs précédents n’étaient pas eux aussi imaginés ? Ce doute va se révéler terrible pour la suite, en particulier pour l’épisode du témoignage de Bryce Walker, qui va contester avoir violé Hannah en prétendant qu’ils sortaient ensemble. Or, loin que les flash-back contredisent son témoignage, on voit Hannah et lui agir exactement comme il le prétend. Nous n’avons aucun moyen de savoir s’il ment : Clay lui-même en vient à douter également, et il faut s’accrocher au fait qu’il n’y a aucun doute sur la réalité du viol de Jessica pour se rappeler que celui d’Hannah n’a pas pu être inventé.

Le dénouement de cette saison (du moins de l’épisode 12), n’est pas simplement pessimiste : si la défense remporte le procès, si le lycée n’est pas reconnu coupable, cela montre à quel point faire accepter la vérité est difficile, voire vain. Celui qui s’en sort est tout simplement le meilleur avocat – le meilleur orateur. La vérité n’a aucune force de persuasion, et c’est bien pour cette raison que sa recherche est si difficile.

samedi 26 mai 2018

Les footballeurs (re-)passent le bac ! (Mondial 2018) #1


2016. Coupe d’Europe. Défaite de la France en finale (oui oui)
Et pour l’occasion, les sujets de philosophie de bac avaient été traités par mes soins, au moyen de citations de footballeurs. Vous vous en souvenez ? C’était les footballeurs (et autres) passent le bac.
L’année dernière, pas de Coupe, pas de fausses dissertations : j’avais plutôt profité des semaines précédant le bac pour proposer des exemples d’œuvres littéraires à citer au bac de philo. Bien plus utile, mais bien moins drôle.
Alors les footballeurs reviennent ! Après vous avoir dit l’an passé ce qu’il fallait faire, voilà cette année ce qu’il ne faut surtout pas faire. Premier match le 14 juin, en entre-temps, une dissertation tous les mercredis et samedis.

EVIDEMMENT je ne peux pas faire les sujets qui vont tomber en France métropolitaine, je ne les connais pas ! Voilà donc pour commencer le sujet tombé cette année à… 

Amérique du Nord, série L

L’homme politique doit-il chercher à être efficace à tout prix ?

L’homme politique est celui qui dirige. La politique, c’est comme le foot, et celui qui dirige, c’est l’entraîneur. Efficace signifie qu’il faut gagner. Il semble évident, par conséquent, que l’entraineur doit être efficace à tout prix, sinon des centaines de personnes seront déçues de perdre la Coupe du Monde. Nous nous demanderons donc si l’entraineur doit être efficace. Dans une première partie nous verrons que oui, ensuite nous verrons les obstacles à l’efficacité, et enfin nous verrons qu’il ne faut pas juste espérer gagner mais aussi se donner les moyens d’être efficace.

I/ L’entraîneur doit être efficace

Dans un premier temps, nous pouvons répondre « oui » à la problématique posée. Il est clair que l’entraîneur a comme but premier d’être efficace. S’il ne l’est pas, il risque de décevoir tous ceux qui pensent gagner la Coupe du Monde. Mais comment faire pour être efficace ? La première chose c’est de connaître les règles pour pouvoir les appliquer au mieux. C’est exactement ce que disait Platini : « Ben on peut dire que la clé est que c'est l'équipe qui marquera le plus de buts qui gagnera, et celle qui en marquera moins qui va perdre ! » Une fois qu’on a la clé de la réussite, il faut faire des hypothèses sur les actions à mener. La plupart du temps, il ne faut pas chercher trop compliqué, sinon les joueurs, qui représentent le peuple ignorant, ne comprendront pas. La meilleure hypothèse d’action, la plus efficace et la plus simple, est sans doute celle de Boskov : « Je pense que pour marquer un but il faut tirer dans le but ! »

Le mieux est quand même de prendre exemple sur ceux qui ont été les plus efficaces. Le foot est un sport collectif : il ne faut pas travailler tout seul mais étudier les autres, à commencer par les allemands. En effet, c’est très clair que les allemands sont les plus efficaces. C’est bien ce que dit Platini : « Les allemands quand ils sont mauvais ils vont finale, quand ils sont bons ils gagnent. » Cela prouve bien que même l’efficacité n’empêche pas de perdre la finale, quand on n’est pas assez attentif. Il ne suffit pas d’avoir des prédispositions. Il y a des personnes qui sont immédiatement douées, pour le foot, elles doivent essayer d’être efficaces quand même. Autrement dit, même si, comme le dit Gary Lineker : « Le football est un sport inventé par les Anglais qui se joue à onze et où les Allemands gagnent à la fin », cela n’a pas empêché les allemands d’être mauvais et de ne pas gagner la finale.

Donc pour être efficace, il faut commencer par s’entourer d’allemands efficaces qui travaillent bien. Une équipe de bonne qualité ne peut pas se construire avec des joueurs moyens. C’est la même chose avec les omelettes : on ne fait pas de bonne omelette avec des œufs de mauvaise qualité. Mais je vais plutôt, sur ce point, citer Mourinho, qui explique cette idée bien plus clairement : « Notre style de jeu c’est comme les omelettes et les œufs. Pas d'œuf, pas d'omelette ! Au supermarché, vous avez des œufs de classe 1, classe 2, classe 3... Certains sont plus chers que d'autres et donneront une meilleure omelette. » Nous avons donc vu dans cette première partie qu’il fallait être efficace. En deuxième partie, nous verrons les obstacles.

II/ Parfois il y a des obstacles

L’efficacité est importante mais elle ne marche pas toujours. Par exemple, même si on met au point une bonne stratégie, on peut se retrouver face à des situations inattendues ou des équipes inattendues. Par exemple, la France était efficace en 1982, mais leur stratégie ne pouvait pas fonctionner avec tous les pays, c’est pourquoi il aurait fallu s’adapter à la situation particulière qu’ils ont rencontrée en demi-finale contre l’Allemagne. Thierry Roland n’avait pas hésité à dire, d’ailleurs : « Force est de constater que l’Allemagne, ça n'est ni l’Autriche, ni l’Irlande du nord… » C’est un véritable obstacle parce que s’il est facile d’être efficace contre l’Autriche ou l’Irlande du Nord, c’est autre chose contre l’Allemagne, qui sont, comme nous l’avons dit avant, les meilleurs dans l’efficacité.

L’autre type d’obstacle est l’obstacle matériel. Les problèmes que l’entraîneur peut rencontrer ne se réduisent pas aux équipes adversaires et à leurs singularité. Il y a aussi les problèmes dus aux différents terrains et à la disposition des buts ou des poteaux. Cela peut poser des problèmes même quand le plan d’action était bien mis en place. Nous pouvons par exemple penser à ce qu’a constaté Dugarry : « Il était bien tiré ce penalty, dommage qu’il y avait le poteau... » On a beau être parfaitement bien préparé, si on est malchanceux, on ne sera pas efficace quoi qu’il arrive. Mais puisque nous connaissons maintenant les obstacles à l’efficacité, nous pouvons chercher des solutions.

III/ Il ne faut pas juste espérer mais aussi se donner les moyens d’être efficace

Nous avons donc deux problèmes, qui sont la malchance et les situations imprévues. Contre la malchance, malheureusement, il est difficile de faire quelque chose. La chance repose sur le hasard, et nous ne pouvons rien faire pour l’attirer de façon certaine. Mieux vaut se réjouir de ce que l’on a déjà, et espérer que cela dure. Eric Cantona l’avait bien compris, quand il disait : « La vie est toujours trop cruelle. Tout ce que nous pouvons faire, c’est essayer de passer le ballon et laisser le soleil briller. En espérant qu’il brille pour tout le monde ! » Mais se contenter d’attendre la chance n’est pas une garantie de réussir. Il vaut mieux se donner les moyens.

Etre efficace, bien sûr, c’est gagner : mais c’est aussi savoir quoi faire pour gagner. C’est bien ce qu’expliquait Charles Biétry : « Une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne ou ça se perd. » Lorsqu’on arrive en finale, il ne faut plus se contenter d’attendre la chance, de réfléchir à des stratégies pour jouer : il faut choisir entre perdre et gagner, et évidemment le rôle de l’entraîneur c’est de nous faire gagner. Il ne faut pas oublier cependant que si l’entraîneur, le chef, doit chercher à être efficace à tout prix, le politique et le foot ne peuvent marcher dans la masse des joueurs. Eux aussi doivent s’efforcer de faire de leur mieux, et suivre la leçon de Luis Fernandez : « En compétition, il y a toujours un premier et un dernier, mais l'important est de ne pas être le second de soi-même. »

Pour conclure, nous avons montré que l’entraineur devait être efficace, mais qu’il y avait des obstacles et des solutions pour gagner la Coupe du Monde quand même.

samedi 31 mars 2018

Mes lectures du mois # Mars


Voilà mes lectures du mois de mars, qui est très philosophique par rapport à d’habitude. En revanche, toujours comme d’habitude, il s’agit de livres accessibles à tous, à part peut-être le premier dont je parle, dont certains points sont assez poussés.
Profitez-en bien, car me lançant dans un nouveau projet, il n’y aura probablement pas d’article pour avril.

Dracula ou la croisade des temps modernes, Farhad Khodabandehlou

Ayant adoré le roman Dracula, j’attendais beaucoup de cette analyse faite par un professeur de philosophie. J’ai été un peu déçue, même s’il y avait plusieurs points très intéressant, notamment l’analyse de la façon dont Dracula espère se prendre pour un « Anglais », et la réflexion sur l’identité personnelle qui s’ensuit. Ce qu’il faut savoir toutefois, c’est que contrairement à ce que laisse entendre la quatrième de couverture, ce livre porte uniquement sur les premiers chapitres du roman, le passage où Jonathan Harker se rend dans le château de Dracula pour lui vendre des biens immobiliers en Angleterre. Cela a peut-être participé à ma déception, parce que ce n’est pas le moment que j’ai préféré, et j’aurais vraiment aimé avoir des explications philosophiques sur la suite, en particulier sur l’histoire de Lucy ou sur le psychiatre, qui était mon personnage préféré.

Le miracle Spinoza, Frédéric Lenoir

Pour la petite histoire, j’ai lu ce livre à la demande de la documentaliste de notre lycée, qui voulait mon avis dessus avant qu’il soit proposé aux élèves. Je ne l’aurais sans doute jamais lu spontanément, et le début a été un peu difficile (trop de biographie de Spinoza, pas assez de sa pensée…) mais j’ai plutôt apprécié la suite, qui donne un bon résumé assez précis de l’Ethique de Spinoza. J’ai plutôt bien compris ce qui était expliqué, mais je pense que ce serait quand même difficile pour un débutant en philosophie (même si c’est accessible et permet tout de même de comprendre les grandes lignes des problèmes posés). En revanche, ça peut être utile pour quelqu’un qui n’a jamais entendu parler de Spinoza. Je vais donc le rendre au CDI avec un bon avis !

Farhenheit 451, Ray Bradbury

Trouvé dans une boite à lire, je me suis jetée dessus, en grande fan de dystopie. En plus, un livre qui date de la grande période des dystopies (les années 1940, Orwell, Huxley… et maintenant Bradbury, que je n’avais jamais lu). Pourtant, j’ai été un peu déçue. Je ne pense pas que ce soit la faute du livre en lui-même : simplement de mes trop nombreuses lectures dans ce domaine. J’ai eu l’impression de lire beaucoup de choses déjà lues, mais je sais bien que ça n’aurait pas été le cas si j’avais connu ce livre avant les autres : je l’ai bien aimé quand même, mais il n’était pas à la hauteur des autres. Voilà la seule chose qui m’a déçue au fond.

Ils vécurent philosophes et firent beaucoup d’heureux, Marianne Chaillan

Changement de domaine, beaucoup moins académique que les ouvrages de philosophie précédents, mais tout aussi sérieux, j’ai lu ce livre qui présente de façon succincte, claire et intéressante les problèmes de philosophie que l’on peut poser à partir des films de Disney. Ce n’est pas une analyse philosophique des films, mais plutôt des pistes de réflexion lancées à partir des princesses, des méchants et des animaux de Disney. J’avais déjà lu le livre Harry Potter à l’école de la philosophie, que j’avais apprécié et recommandé aux élèves de Terminale, mais sur lequel j’avais eu quelques réserves (certains rapprochements étaient trop tirés par les cheveux selon moi…), mais je n’ai pas de reproche particulier à faire pour celui-là, qui est intéressant et amusant.

jeudi 1 mars 2018

Mes lectures du mois # Janvier et février


Je rattrape ici mes lectures du mois de janvier. Je n’avais pas fait d’article parce que je n’en avais terminé qu’un, mais voilà ma nouvelle liste ! Il n’y en a pas beaucoup, c’est vrai, mais promis je me rattrape au mois de mars. Je fonctionne comme d’habitude : de celui que j’ai le moins aimé à celui que j’ai préféré.

La Princesse de Montpensier, Madame de La Fayette

J’ai bien aimé cette nouvelle, même si j’ai été un peu déçue : j’avais vu le film avant, que j’avais adoré. La nouvelle m’a parue un peu fade à côté… mais je pense que l’epub très vieillot que j’avais y est aussi pour quelque chose, parce que l’orthographe ancienne me bloquait quand même beaucoup pour ma lecture.

La nuit de l’oracle, Paul Auster

J’avais beaucoup entendu parler de cet auteur sur des groupes de lecteurs, alors j’ai voulu m’y lancé. Il y a une construction très particulière et souvent dure à suivre, et je comprends sans problème que l’on puisse adorer cet auteur, qui a une véritable empreinte. Malheureusement, ça ne m’a personnellement pas vraiment plu. Peut-être aussi que je n’étais pas dans le bon état d’esprit quand je l’ai lu. Il y a des passages qui m’ont plus aussi, bien écrit et intéressant, et la deuxième partie a été lue bien plus vite que le début.

Penser la pornographie, Ruwen Ogien

Un des rares de l’auteur que je n’avais pas encore lus, mais pas aussi passionnant que les autres, même si je l’ai adoré comme le reste. Je peux très bien dire pourquoi ça n’a pas été aussi passionnant que les autres écrits de Ruwen Ogien : très sociologique et juridique, c’est vraiment carré et instruit, mais il m’a manqué son écriture fluide habituelle, qui fait qu’un traité philosophique, avec lui, se lit comme un roman.

Frankenstein, Mary Shelley

Ce n’était pas vraiment une lecture, mais une relecture. Je l’avais étudié au collège – et bien trop tôt, parce qu’à l’époque je ne l’avais ni comprise, ni appréciée. Et je suis contente d’avoir repris cette lecture, parce que j’ai beaucoup aimé. La double mise en abyme rend la structure très intéressante. Il y a des remarques très intéressantes et pertinentes sur la perception, l’existence, et la justice. Lu à l’âge qu’il faut, il peut introduire de nombreuses réflexions, à condition que le texte soit bien saisi dans son ensemble.

dimanche 14 janvier 2018

Enooormes : trois héroïnes contre les préjugés

C’est sans doute la première fois que je parle de quelque chose qui n’est pas « philosophique » (au sens trèèèès large, on va dire de quelque chose qui n’a pas pour but de faire réfléchir). Enooormes est une pièce divertissante, et ce n’est pas vraiment ma spécialité de parler de quelque chose de « divertissant. » C’est pour ça que j’ai mis du temps avant d’écrire mon article ; mais à force d’y réfléchir, j’ai bien trouvé deux-trois éléments intéressants à présenter.
Attention, entendons-nous bien : quand je dis « intéressants », je ne veux pas dire que la pièce est globalement inintéressante, au contraire, j’ai beaucoup aimé, beaucoup ri, c’est très bien joué, très bien mis en scène et très bien chanté, je veux simplement dire que j’ai enfin trouvé une raison d’en parler sur le blog d’un prof de philo. Mais avant d’analyser et peut-être de faire perdre au spectacle ce qu’il a de spontané et d’aussi amusant, je le dis clairement : allez-y, vous ne le regretterez pas.

L’histoire tourne autour de trois personnages, trois femmes (dans l'ordre de la photo : Barbara, Capucine et Mia), d’abord obnubilées par leur poids, et qui tombent enceinte en même temps. Et oui, ça commence sur une drôle d’opposition. Mais ce n’est pas le plus important : c’est juste une façon d’annoncer la tournure que va prendre la pièce. Toute l’histoire se fonde en réalité sur le caractère des trois femmes, profondément différentes. Leur seul point commun, outre leur grossesse, est le suivant : elles vont implicitement être exposées au regard de la société.

Capucine (interprétée par Cécilia Cara) est le premier personnage. Catholique pratiquante (du moins on peut le supposer, puisque son prénom même renvoie aux moines « capucins »), elle voit sa grossesse comme un don du ciel, un don de Dieu, un bonheur inouï, y-compris dans la douleur de l’accouchement. Tout est beau, tout est divin, tout est naturel. Et comme généralement face à ce genre de personnage émerveillé pour un rien, Capucine fait rire. Elle fait rire, parce qu’elle paraît naïve et parfois ridicule, avec une façon de penser archaïque : c’est un rire moqueur qu’elle provoque. Pas seulement de la part des spectateurs, mais aussi de ses deux amies, qui ne cessent durant la pièce de lui jouer des tours et de se moquer d’elle. Sans méchanceté bien sûr, car Capucine participe au ressort comique de l’histoire.
Mais pourquoi Capucine fait-elle rire ainsi, finalement ? Ce premier personnage est une métaphore d’une vision traditionnelle, que certains (dont moi) considèreraient comme rétrograde, de la famille. C’est la plus jeune des trois, et une vie réussie sera une vie de famille, où elle aura des enfants de son mari : c’est avec une certaine ironie que son amie Mia (dont nous parlerons ensuite) lui fait remarquer que c’est pour elle l’accomplissement d’une vie que d’avoir un enfant. Idéal qui semble assez éloigné de notre société contemporaine, où les femmes se battent pour projeter une autre image que celle d’une mère de famille. Or, c’est justement parce que c’est la plus jeune que le personnage est drôle : la plus jeune, et la plus ancienne en même temps.
La femme moderne, en fin de compte, c’est plutôt Barbara (de façon opposée à Capucine, la plus moderne, et la plus vieille) : la carriériste, l’acharnée de travail, celle qui a accompli son existence dans la réussite professionnelle.

Nous en venons donc à ce deuxième personnage, Barbara (interprétée par Marion Posta coucou Marion ! Bisous ! Je t’adore !). Encore une fois, le prénom est bien choisi : après vérification, beaucoup de célébrités s’appellent Barbara (une proportion importante en tout cas, à côté d’autres prénoms plus courants). Au début de l’histoire, elle ne veut pas d’enfants : seul compte pour elle son travail dans la mode (je ne sais plus exactement quel travail, et je n’ai pas trouvé l’information). Sa première réaction est d’avorter. Evidemment, pour une pièce qui parle de trois femmes enceintes, ça va être difficile de s’arrêter là (« bon bah moi j’avorte, finissez le spectacle toutes les deux, Capucine et Mia, on se revoit à la fin ! »), donc elle décide de le garder.
Mais pour quelle raison ? L’intérêt du personnage se trouve là, ainsi que tout son caractère problématique. Barbara accepte de garder l’enfant parce qu’« à [son] âge, c’est peut-être [sa] dernière chance d’en avoir un. » C’est tout. En tout cas, c’est tout ce qui est dit. Et analysons, justement, ce qui est dit : ce n’est pas par désir d’avoir un enfant qu’elle choisit d’en avoir un, mais simplement parce que c’est maintenant ou jamais, et que « jamais » ne semble pas concevable. La femme moderne se retrouve aspirée dans une sorte de « dictature du on » heideggérienne (traduction : pour le philosophe Heidegger, la plupart du temps, nous ne vivons pas de façon authentique, mais nous vivons comme « on » vit. « On » est tout le monde et personne à la fois : ce qu’on dit, ce qu’on fait, ce qu’on pense…) On a des enfants, alors Barbara aussi.
Mais faire un enfant parce qu’on le fait, est-ce une bonne raison ? Il semble d’abord difficile de dire oui. D’ailleurs, un tel personnage ferait hurler les féministes enragées (et aussi un certain blog enragé, « Le cinéma est politique », qui s’acharne avec une mauvaise foi consternante contre le cinéma pour défendre une théorie du complot spectaculaire, et qui à coup sûr verrait ici une propagande du théâtre français envers une politique conservatrice : « Comment ? Le rôle de la femme c’est d’avoir des enfants ? Quelle pièce sexiste, réac, propagande de droite, œuvre du démon, même le personnage qui a l’air moderne accepte cette soumission ! » - imitation caricaturale mais réaliste du blog en question, que je ne vous invite absolument pas à aller voir) Mais tout ce qui fait hurler les enragés est bon à prendre, alors prenons ce choix.
Barbara va se plaindre plusieurs fois, et regretter à différents moments sa décision. Quand elle va comprendre que la mode, ce n’est plus pour elle, quand elle va souffrir, quand elle va comprendre qu’il faudra changer des couches, et quand elle va voir toutes les occasions qu’elle rate de briller pour sa réussite professionnelle (A ce sujet, je tiens à citer un de mes élèves, qui a dit pas plus tard que vendredi : « les enfants c’est un pharmakon, parce qu’on leur donne la vie et ça nous pourrit la vie. » Bien sûr, vous n’avez pas compris, à moins que vous ne sachiez ce qu’est véritablement un pharmakon, mais je voulais juste lui rendre hommage. Coucou Sofiane de TS2, c’est pour toi !). Mais bien évidemment, c’est une comédie, alors tout finit bien ; et je ne pense pas spoiler beaucoup en dévoilant qu’elle sera très contente d’avoir son bébé à la fin. Encore une fois, ça aurait été bizarre de terminer sur : « Bon, les copines, le mien il va à l’adoption, pouponnez ensemble, je retourne à mes fringues ! »

Cependant, si je viens bien admettre qu’on puisse reprocher à Barbara de se laisser happer par la « dictature du on » (ou, plus simplement, par la tradition, ou encore par la nature…), on ne peut plus faire ce reproche à Mia, le dernier personnage (interprété par Anaïs Delva). Il s’agit sans doute du personnage le plus intéressant : Mia veut un enfant, mais elle le veut seule. Elle est célibataire et le restera. Elle sait qui est le père de son enfant (en tout cas elle connaît sa tête ; pour ce qui est de son nom, je ne crois pas, mais je m’en souviens plus…) mais cela ne le concerne pas. C’est elle qui, finalement, représente la famille moderne. Alors que Barbara, d’abord opposée à l’image traditionnelle de la famille en ne voulant pas d’enfants, finit par y céder, Mia s’affirme dans son choix.
Ce qui rend le personnage de Mia aussi intéressant, ce sont en réalité ses doutes : ce n’est pas une folle, une hystérique qui se lance dans un projet absurde d’avoir un enfant seule. Elle a bien réfléchi avant, et y réfléchira encore pendant toute sa grossesse, jusqu’au point culminant de la belle chanson « Baby blues avant l’heure » où elle exprime son tiraillement entre son désir d’être mère sans avoir d’homme, et sa crainte de la place que son enfant aura dans une société qui attend un père pour chaque enfant (alors, elle est où la propagande, maintenant ?). Mia pose explicitement le problème du regard des autres, du regard social, en disant « certains seraient contre » (dans une chanson quelque part mais je ne sais plus où, je ne le connais pas par cœur… pas encore.)
Mia a peur de ceux qui la jugeront, elle et son enfant sans père. Elle soulève une interrogation forte et extrêmement contemporaine, au sujet du développement de nouvelles formes de familles (les familles monoparentales, mais aussi homoparentales). C’est un personnage qui affirme malgré tout son droit à cet enfant, qui est désiré, et qu’elle va rendre heureux. Mais ce personnage représente également toute la difficulté qu’il peut y avoir à sortir du schéma traditionnel imposé par la culture et l’opinion commune : si la loi l’autorise à agir comme elle le souhaite, elle n’en reste pas moins bloquée face aux jugements des autres. C’est pourquoi elle doute, longtemps, et qu’elle sera l’entre-deux des autres personnages. Capucine dit oui, Barbara dit non, et Mia ne sait pas. Malgré tout, c’est un personnage fort qui arrive enfin à dépasser le préjugé social et affirmer son propre choix.

Mais au-delà de ces différences sociales et culturelles, elles vont vivre la même histoire : les mêmes nausées, les mêmes douleurs, les mêmes craintes. Comme si, sous la couche (sans jeu de mots) de préjugés sociaux, demeurait quelque chose de naturel et d’universel, que les regards des autres ne sauraient faire disparaître. Je vais quand même le dire : je n’aime pas ce choix. Je défends plutôt, personnellement, la victoire de la culture sur la nature. Mais ce n’est pas parce que je n’aime pas que ce n’est pas intéressant : alors allez voir cette pièce, pensez par vous-mêmes, et ne céder pas à la dictature du on, qui détermine comment on doit penser !

PS : J’ai emprunté les photos de la page Facebook, j’espère que vous ne m’en voudrez pas. D’ailleurs, la page Facebook c’est ici : Enooormes

Et pour réserver une place c’est là : Billetreduc

samedi 30 décembre 2017

Mes lectures du mois # Décembre

Je continue la liste d’articles sur mes lectures ! Et voici une nouvelle liste, qui, je l’espère, pourra vous donner envie (ou pas !) Tout cela, je le rappelle, afin de montrer que les auteurs lisent, et aller contre ce préjugé absurde selon lequel « maintenant, tout le monde écrit, mais plus personne ne lit. » Ils sont toujours dans l’ordre, de celui que j’ai le moins aimé à celui que j’ai préféré. Voilà donc quelles ont été mes lectures en décembre…

L’Indé Panda 4

Eh bien… oui. J’ai été extrêmement déçue par ce recueil. Je vous rappelle que j’ai déjà parlé des deux premiers dans cet article : L'Indé Panda Je ne dis pas que je n’ai aimé aucune nouvelle, non… seulement 3 sur 12. Allez, on va dire trois et demie. Parce qu’il y en a une qui racontait une vraie belle histoire, mais qui répétait une critique de la religion qui me semblait vue et revue, et m’a agacée plus qu’autre chose, parce qu’elle ne fait que répéter le discours de tous les antireligieux qui passent quand même à côté du sens véritable de la religion. Bref, trois et demie sur douze, c’est peu. Mais j’ai vraiment eu l’impression que ce recueil se répétait, et répétait aussi les recueils précédents. Encore beaucoup de SF (mais ce sont les nouvelles SF que j’ai préférées, entendons-nous.) Et pourtant, ce que j’avais adoré dans les deux premiers recueils et dont j’avais parlé dans l’article précédent, c’était justement cette volonté de ne pas se cantonner à un genre précis, mais d’être diversifié. Et depuis le troisième recueil, je sens que ça a un peu disparu, et que la même chose revient, même si les nouvelles en elles-mêmes restent très agréables à lire. Autrement dit, même pour les nouvelles que j’ai aimées, j’ai trouvé que le thème était trop attendu. Bref, vraiment déçue, mais je suis sûre que j’aimerai le suivant !

PS : Malgré tout, j’ai quand même acheté un roman d’un des auteurs présent au sommaire, celui de Lawrence Singclear. J’ai d’ailleurs failli en acheter un autre d’un deuxième auteur mais hum… comment dire ? 7 euros l’e-book de 130 pages, c’est beaucoup trop cher.

Les Faux-monnayeurs, André Gide

J’ai longtemps attendu le temps de le lire, et j’étais impatiente… mais finalement, je dois avouer, je n’ai pas tant aimé que ça. Evidemment, j’ai adoré l’écriture, et ça m’a vraiment fait du bien de prendre un livre aussi bien écrit, surtout que je l’ai commencé après un Marc Lévy trouvé dans une boite à lire et qui m’a désespérée (moi qui essaie de défendre Marc Lévy pourtant ! Enfin… qui essayais.) C’est un livre très bien construit, très bien agencé, les personnages sont intéressants, et à vrai dire, j’ignore pourquoi j’ai eu cette impression de… plat, à la fin. C’est bien le sentiment que j’en ai quand j’y pense : plat. Bref, il me manquait quelque chose… peut-être tout simplement de l’avoir mieux compris. Parce qu’au fond, c’est vrai, je crois que je n’ai pas tout bien compris. Alors j’espère pouvoir me renseigner pour l’apprécier plus tard à sa juste valeur.

Glissement de temps sur Mars, Philippe K. Dick

Finalement le seul livre que j’aie apprécié ce mois-ci, et une belle découverte pour moi qui ne me suis jamais sérieusement penchée sur la science-fiction, pourtant le genre le plus fécond pour la réflexion sur l’existence, les avancées techniques et l’être humain. C’est donc le premier Dick que je lis, choisi un peu au hasard, mais bien choisi. Il mêle réflexions sur l’eugénisme, sur les maladies mentales, mais aussi sur le temps et l’existence, et la communication. L’histoire se passe sur Mars, colonie terrienne, mais les conditions d’existences difficiles voient se développer les cas de maladies mentales : l’ambivalence du progrès technique y est immédiatement posé et interrogé. Mais que faire de ces malades ? Faut-il les intégrer ? Les mettre de côté ? Les éliminer ? Ou les renvoyer sur Terre, pour que la civilisation martienne soit parfaite ? C’est le contexte de base de l’histoire, qui va développer bien d’autres problèmes, avec un petit garçon capable de voir l’avenir, mais incapable de le communiquer, le petit Cassandre du futur.

Mois un peu décevant et sans trop de lectures, je le reconnais, mais je me rattraperai le mois prochain…