Affichage des articles dont le libellé est Pensées sur mes romans. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pensées sur mes romans. Afficher tous les articles

mercredi 1 mars 2017

♥ Concours ♥ "Masques"

Bonjour à tous ! 

 A partir d'aujourd'hui et jusqu'au 15 mars, un concours vous est proposé pour faire gagner à quatre d'entre vous un exemplaire dédicacé en avant-première de mon prochain roman dont la sortie est prévue en mai prochain. J'écris un article pour vous en dire un peu plus sur ce roman... mais aussi pour vous présenter les trois blogs qui organisent avec moi ce concours, trois blogs qui ont lu et chroniqué mes précédents romans et dont voici les liens : 


 Je vous invite à aller voir ces trois blogs, sur lesquels vous trouverez beaucoup d'idées de lecture, ainsi que des interviews, des informations sur les auteurs ou éditeurs, etc. Si le concours vous intéresse, passez par ici :

   

 Voilà le résumé qui sera sur la quatrème de couverture, légèrement différent de celui qui est sur Facebook : 

  Pascal est Erudit. Calculer, c'est là toute sa vie : la distance entre les planètes, l'heure exacte à laquelle il doit aller chercher son fils à l'école. Sophie est Noble. Qu'elle ait pu souhaiter travailler, écrire ou faire du sport n'a aucune importance. Cela ne lui est pas nécessaire : le bras de son époux, le roi, suffit à remplir sa haute existence. Scarlett est Bohémienne. Du lever du jour à la tombée de la nuit, le son de sa guitare piste les passants. Les trottoirs la connaissent, assise sur le chemin de tous et de chacun. Elle est la fille de la meilleure, la plus belle, la plus chère des prostituées de Paris. Son destin résonne dans sa voix : elle ne sera jamais rien d'autre que la fille de la prostituée. 
Eric Shimmer. L'un des Hackers. Ils se tiennent silencieux à l'extérieur de la ville, une arme à la main. Ils n'ont pas le droit d'entrer. Ils aiment la guerre et le sang ; on les croit fous... Mais peut-être attendent-ils bien plus de leur combat. Ils veulent la liberté.

Je ne vais pas vous en dire plus pour le moment sur le contenu, ce résumé mystérieux vous suffira, et il sera sans doute bientôt complété par quelques choniques qui paraîtront un peu avant la sortie officielle. Je vais plutôt vous raconter l'histoire de l'écriture de ce livre, qui a commencé... il y a cinq ans. Cinq ans à présent, et même un peu plus, puisque j'ai écrit la première version de Masques entre octobre et décembre 2011, en plein mlieu de ma deuxième année de prépa, pendant laquelle je m'ennuyais mortellement. C'est pour ça que, en cours, plutôt que de suivre (mais j'étais en prépa ! Les lycéens, vous n'avez pas le même statut, ne faites pas la même chose), j'ai écrit (à l'ancienne, à la main, puisque j'étais en cours...) le premier jet de ce roman, qui a pris comme point de départ cette citation de Sartre (que vous retrouverez sans doute dans le livre) : "L'important n'est pas ce qu'on a fait de nous mais ce qu'on fera de ce qu'on a fait de nous" (L'existentialisme est un humanisme). A quoi ressemblerait un monde dans lequel il n'y a rien d'autre que "ce qu'on a fait de nous" ? Un monde dans lequel la naissance est un destin, et où tous nos choix ne seraient que la réalisation de ce destin inévitable ? 

Voilà, pendant cinq ans, ce à quoi j'ai réfléchi, ce que j'ai retravaillé, et même réécrit en entier. Mes quatre personnages de départ, Pascal, Sophie, Scarlett et Shimmer, auxquels j'ajouterais Hannah, ont considérablement évolué entre la première version et la dernière. La structure et l'histoire sont restés les mêmes : mais les chapitres ont été découpés différemment, certains personnages ont gagné en importance, d'autres ont disparu, des événements ont pris un tout autre sens. Le dernier chapitre a eu pas moins de trois réécritures, et donc Masques a eu trois fins différentes. A présent, plus rien n'est laissé au hasard : j'ai même fait l'effort d'aller visiter personnellement tous les lieux dans lesquels passent les personnages (trois heures de queue devant les catacombes sous le lourd soleil de juin 2014 !) Puisque je parle justement des lieux... est-ce que vous vous souvenez de cette interview publiée par Bookscritics l'année dernière ? L'interview s'était tenue au jardin des plantes parce que, comme je l'avais dit, c'était un lieu important de mon prochain roman. Le Jardin des plantes, que je connais par coeur, est rempli d'énigmes au sujet des masques...

Après cinq ans de travail, je ne peux qu'être émue d'enfin voir ce roman sur le point de sortir. J'ai même un peu peur, parce qu'à force de réécrire, de réfléchir, j'ai l'impression qu'il ne sera jamais complètement terminé... et que les masques continueront à me hanter longtemps. 

jeudi 28 juillet 2016

Les animaux de Gaia et l'état mental d'Emilie

Je commence par remercier toutes les personnes qui ont pris le temps de lire Si la parole était d’or et La Loi de Gaia et surtout d’en faire une critique, ou même simplement de me dire leur avis, et de parfois me poser des questions auxquelles je n’avais pas du tout de réponses à donner (sauf des fois) mais qui m’ont permis de réfléchir un peu. Je vais répondre à deux questions qui m’ont été posée :

- Pourquoi Si la parole était d’or est-il si étrange ?
- Pourquoi sont-ce ces animaux qui représentent les crimes dans La Loi de Gaia ?

Evidemment, la première question ne m’a pas été posée exactement comme cela, mais c’était l’idée. Plus exactement, voilà ce que l’on me reprochait (oui, le plus souvent, c’était un reproche) : pourquoi Aline ne répond-elle jamais ? Ou, autre tournure : mais finalement, c’est une correspondance ou un journal intime ? Impossible de ranger ce livre dans une catégorie, en fin de compte, c’est vrai… Et ça vous embête ? Pauvres enfants. Je vais donc me voir obligée de vous livrer le secret de Si la parole était d’or. Pourquoi Aline ne répond-elle pas ? Eh bien, sachez que ce n’était pas spécialement prévu au départ. Il devait bien y avoir une réponse d’Aline dans la première version du livre, juste pour montrer qu’elle existe. Oui, justement : qu’elle existe.
Car tout est parti de là : une lectrice qui a lu le début de la première version, très, très différente de celle que vous connaissez à présent, et a très vite posé la question suivante : « Mais, Caroline… elle est schizophrène la fille non ? Elle se parle toute seule en fait, elle n’existe pas, l’autre ? » Evidemment, je n’avais pas du tout cette idée en tête. Il me semblait évident qu’Aline existait, même si elle n’était pas très bavarde. Et pourtant, je regrette de lui avoir répondu : « Non ! Non, elle n’est pas schizophrène ! » Parce que c’était une idée géniale ! Il faut qu’Emilie soit schizophrène (ou, pour être plus exact, qu’elle ait un dédoublement de personnalité… je ne lancerai pas un débat sur la schizophrénie).
C’est ce jour-là (ou un peu plus tard, le temps que j’y réfléchisse) que la réponse d’Aline a définitivement disparu de mes pensées. Je n’ai rien fait pour semer le trouble dans vos esprits. A première lecture, rien n’indique qu’elle se parle toute seule : plusieurs références montrent qu’Aline existe, et finalement, la seule réaction que j’obtiens est : il manque une réponse, c’est dommage. Ça vous perturbe malgré tout, vous voyez ! Et pourtant il y a bien des éléments minimes, outre le fait, bien sûr, qu’Aline ne réponde jamais, et je vais en proposer quelques-uns pour vous perturber l’esprit davantage encore. A commencer par le fait qu’Emilie soit malade : ben oui, elle passe sa vie dans les hôpitaux et ne dit jamais quelle est sa maladie ! Oui, oui, il y a des symptômes physiques, allez-vous me dire… Certes, mais il n’empêche qu’il n’y a pas de maladie précise. Ou plus exactement, les médecins trouvent beaucoup de maladies… mais elle n’en accepte aucune. Elle s’évertue à dire « je ne suis pas asthmatique. » Et pourquoi, s’il vous plaît ? D’où connaît-elle mieux que les médecins sa maladie ? Quelle preuve a-t-elle qu’elle n’est pas asthmatique ? Aucune, à part son sale caractère. Finalement, on ne sait pas si Emilie dit la vérité dans ses messages. D’ailleurs, dans le premier message de la première partie, que dit-elle ? « Je traine, je marmonne, je mens. Et ça recommence. Tout le temps. » Voilà qui est on ne peut plus explicite. Emilie ment au sujet de la maladie, et passe son temps à le faire. Alors, dans quel hôpital se trouve-t-elle vraiment ?
Continuons sur ce message du mercredi 4 janvier, qui en dit beaucoup, en fin de compte. La première chose qu’elle semble dire est qu’elle a fait une promesse à Aline, la promesse de lui écrire. Elle l’a promis mais, dit-elle « Dans sa tête. » En fait elle n’a rien promis du tout, car tout se fait dans sa tête. Peut-être même n’a-t-elle jamais vu Aline ! Ah ! Ah ! C’est tiré par les cheveux, hein ? Oui, exactement, d’autant que je le rappelle, je n’ai pas cherché à développer l’idée du dédoublement de personnalité, j’ai juste renoncé à faire apparaître Aline. Et pourtant, on peut bien comprendre que tout se passe dans sa tête, à partir de cette première phrase…

J’espère avoir bien semé le doute dans vos esprits à présent. Je vais passer à la deuxième question, qui sera moins problématique et moins tirée par les cheveux. Cette question m’a été posée par un internaute sur Facebook. Il n’a pas lu le livre, mais seulement le résumé. Je ne vais pas donner son nom pour des raisons que vous comprenez, mais voilà exactement sa question :

Je suis intrigué par le choix des animaux en fonction des crimes. Pourquoi des animaux "nobles" ? Et pas le rat, le cancrelat, etc. ... ? Intrigant (et même un peu insultant pour ces animaux :))

J’ai déjà donné une partie de ma réponse sur Facebook, mais je vais développer, citations à l’appui (et cette fois, ce ne sera pas tiré par les cheveux, promis). J’avais donné deux éléments de réponses.
- Les insectes font horreur, mais les carnivores font peur. Les tatoués, dès lors, sont plus effrayants que dégoûtants dans l’esprit des gens.
- Les carnivores sont, justement, des carnivores. Et justement, les tatoués innocents ont peur de se faire « dévorer » par leur tatouage et devenir coupable.
Que les tatoués fassent peur, c’est la toute première phrase de Kagan dans le livre : « Ils avaient peur des tatouages. Les loups, les lions, les tigres et les renards. Les quatre plus grandes peurs des hommes. La mort, le déshonneur, la perte et la souffrance. » Malgré le fait qu’ils soient des esclaves, des sous-hommes, ce n’est pas comme ça qu’ils sont désignés. Les tatoués apparaissent rarement comme des êtres inférieurs. Il y a, en revanche, un terme qui revient bien plus souvent : les « monstres. » Par ailleurs, les tatoués sont des gens entre la vie et la mort (ce qui, loin de faire horreur, est très à la mode dans les films d’horreur…) : ce sont des survivants, qui étaient censés mourir. Ce sont des criminels qui auraient dû être condamnés à mort, mais qu’on hésite à tuer, et qu’on ne veut pas tuer finalement parce qu’ils sont utiles. Mais on hésite à les tuer quand même, justement parce qu’ils sont effrayants. Deux fois, on a cette idée dans les paroles de Sinan : « Ils se demandent si tu es devenu assez incontrôlable pour être obligés de te tuer, ou s’ils peuvent encore risquer de te faire subir un châtiment plus terrible. Ils n’ont vraiment pas envie de te tuer. » Ou encore : « Ils ne nous tueront pas. La mort est un châtiment trop doux pour toi et moi. » Et pourtant, ils vivent ! Et ils continuent à faire peur. Et la peur des tatoués atteint son apogée lorsqu’ils deviennent les partisans, et commettent des attentats.

Voilà en ce qui concernait l’image que les civils ont des tatoués. Mais ces animaux permettent de comprendre les pensées des tatoués eux-mêmes. Kagan représente l’innocent qui a peur de devenir ce qu’on l’a accusé d’être, à force de l’entendre : il a peur d’être dévoré par le lion. Et cette fois, je renvoie au chapitre 8 (qui, rappelez-vous cet article, était dans mes cinq moments forts que j'ai entièrement réécrits) : « Jamais je n’avais eu honte de le porter, parce que j’étais innocent ; mais je haïssais cette sensation, celle du regard posé sur le lion, celle du regard accusateur ou effrayé. J’avais l’impression que le tatouage s’animait cruellement et me dévorait. Mais celui de Sarah était plus douloureux que les autres, la sensation des crocs dans ma chair n’avait jamais eu l’air aussi réelle. »

J'espère vous avoir convaincu... et éventuellement donné envie de lire ! Ou, encore mieux : j'espère que je vous ai inspiré plein de nouvelles questions auxquelles je pourrai répondre dans mes prochains articles.

samedi 9 juillet 2016

Mon petit secret d'écriture

Bonjour ! Maintenant que les vacances sont commencées, les résultats des examens divers et variés tombés, certains d’entre vous auront peut-être envie de profiter de ce beau soleil pour se mettre à écrire un merveilleux roman qui vous fera vous émouvoir vous-même, et c’est une très bonne chose ! J’aimerais beaucoup être à votre place, si vous saviez ! Parce que pour le moment, en pleine promotion pour mes deux romans tout juste sortis, et encore à fond dans l’histoire de La Loi de Gaia (qui m’émeut moi-même énormément, si vous saviez !...), je n’ai pas beaucoup d’inspiration pour me lancer dans un nouveau roman, ni même pour en reprendre un vieux.

Malgré tout, à force de lire et de relire La Loi de Gaia, j’ai eu envie de vous livrer mon secret : quelle est la touche finale que je porte à mes livres et qui me permet de m’émouvoir moi-même ? Bon, évidemment, avec les livres bien déprimants que j’écris, c’est facile. Mais il y a quand même quelque chose dont je veux parler ici, un petit « truc » d’écriture qui ne vient pas de moi, mais d’un blog ou site que j’ai perdu de vue depuis longtemps. Je ne me souviens plus du tout de l’endroit où j’ai pu trouver ce conseil d’écriture, et d’ailleurs je l’ai bien arrangé à ma façon depuis. Je vais donc vous exposer ma version re-trafiquée du secret du roman magique (il ne sera peut-être magique que pour vous, mais qu’importe ? c’est un formidable moment d’écriture) : ce moment de réécriture des « temps forts » de votre livre.

D’abord, qu’est-ce qu’un temps fort ? Je vais, sans trop spoiler évidemment, prendre exemple sur ceux de La Loi de Gaia (que j’abrègerai à partir de maintenant en « Gaia », parce que je suis une grosse flemmarde et n’ai pas envie d’écrire le titre en entier). Un temps fort, c’est un moment très important dans l’intrigue. En général, je me force à en trouver cinq, parce que cinq, c’est joli. Ces temps forts se cherchent une fois que le premier jet du roman est fait, évidemment : vous relisez votre roman écrit, et vous identifiez les temps forts. Ceux de la loi de Gaia sont donc :
1.      Le chapitre 5.
2.      Le chapitre 8.
3.      Le chapitre 12.
4.      Le chapitre 17.
5.      Le chapitre 19.
Ben oui, je vous ai dit que je n’allais pas spoiler. Donc je donne juste le numéro des chapitres où j’ai identifié un temps fort. Je peux justifier un minimum ces choix, toujours sans spoiler : dans le chapitre 5 se trouve le véritable démarrage de l’histoire, avec la première action. Au chapitre 8, le début des problèmes. La chapitre 12 est pile au milieu du livre et représente ce que je pourrais appeler le « point de non-retour » : le départ de la catastrophe qui s’intensifiera jusqu’au bout. Et pour les deux autres, ils sont trop à la fin pour que j’en parle (le 19 étant évidemment le dénouement…) Le temps fort n’est pas le chapitre entier : c’est un petit passage dans le chapitre. Pour prendre l’exemple du chapitre 5, celui qui vous spoilera le moins, ce n’est pas le chapitre entier mais seulement le moment où les partisans entrent dans la librairie où se trouvent Sarah et Milian. En revanche, c’est le chapitre 12 entier que j’ai pris comme temps fort, et que j’ai entièrement réécrit… car oui, il s’agira de réécrire. C’est là que nous passons à l’étape suivante.

Voilà donc pour la définition du temps fort. Maintenant, à quoi sert-il ? A vous faire pleurer votre race devant votre propre livre ! A rendre votre livre exceptionnel. Ce que vous devez faire, c’est faire en sorte que ces cinq moments soient de grands moments de votre livre, et même de tous les livres et nouvelles et pièces de théâtre et ce que vous voulez que vous aurez écrit. Faites que vous vous souviendrez toujours de ces cinq passages que vous aurez désignés pour être les piliers de votre livre.

Alors, comment fait-on ? Petite stratégie que j’ai trouvée sur un site Internet : prendre le passage, le relire, et déterminer dix façons de le rendre meilleur. Faites vraiment l’effort d’aller jusqu’à dix, parce qu’en général les meilleures choses seront dans les dernières que vous trouverez, parce que vous aurez creusé bien profond dans votre tête. Le site internet sur lequel j’avais trouvé cette astuce proposait de prendre un des dix points sélectionnés, et de réécrire le passage en fonction. Moi, j’ai décidé d’y aller à fond : je réécris le passage en fonction des dix points que j’ai notés pour l’améliorer. Et oui, je les prends tous en compte ! Les points à améliorer peuvent être très variés. Il peut s’agir du style (chapitre 19, par exemple, j’ai pris soin de filer une longue métaphore qui n’était pas là avant) ou sur le déroulement de l’intrigue (chapitre 5, quelques modifications dans l’ordre des événements pour que ce soit plus crédible et plus effrayant.) Cela peut être aussi une façon de montrer l’intérêt du passage dans le livre entier (chapitre 8, plusieurs références à la différence entre les civils et les tatoués représentés ici par Kagan et Sarah). Ou alors, comme je l’ai suggéré, reconstruire un chapitre entier pour mettre en avant le temps fort du chapitre (chapitre 12 que j’ai entièrement refait pour amener la baston entre… naaaan je ne vous dirai rien).


Et une fois que vos passages sont réécrits, laissez passer deux-trois mois, et relisez ! Vous serez plus en mesure de voir s’il y a un problème. En tout cas, j’espère que ce petit conseil vous permettra de prendre autant de plaisir de moi à l’écriture des meilleurs passages de votre livre… 

jeudi 7 juillet 2016

La Loi de Gaia, c'est quoi ?

Bien que la sortie ne soit pas encore vraiment officielle, la sortie du e-book sur les libraries en ligne et sa parution dans la librarie du charmant petit village où vivent mes parents (et où est sorti mon tout premier roman, il y a exactement dix ans !) me forcent à écrire un petit article sur ce nouveau roman, La Loi de Gaia.

"Nouveau roman" ou, plus exactement, LE roman dont la sortie était prévue cette année, même s'il a été devancé par Si la parole était d'or... D'abord, la petite histoire : j'ai écrit La Loi de Gaia sur un coup de tête, en très exactement un mois, comencé le 26 avril et terminé le 26 mai (je ne plaisante pas, ce sont les vraies dates). Il s'agit d'une dystopie pas très sympathique (et même franchement horrible à vrai dire...) où Sarah, qui cinq ans auparavant était une jeune fille insouciante et tête en l'air, essaie d'échapper à la menace des "partisans", un groupe d'anciens esclaves qui essaient de se venger de ce qu'on leur a fait subir. Voilà en gros, même si je ne suis pas douée pour résumer mes propres livres. Cet article, en réalité, est une façon de revenir sur un post que j'avais mis sur Facebook en novembre dernier au sujet d'une série de roman dont je veux vous parler (et vous conseiller très fortement) parce que je pense que mon roman est incontestablement influencé par ceux-là, que j'ai lus quelques années avant. 


Je ne conseillerai jamais assez de lire cette série de romans pour ados. J'ai lu beaucoup de romans pour ado (ben oui, avant les études de philo, je pouvais le faire ! Et j'ai bien l'intention de m'y remettre maintenant que les études sont terminées...) mais jamais un aussi bon que celui-là, qui restera sans doute parmi mes préférés et les plus influents sur mes écritures futures.  

Voilà pour aujourd'hui, et maintenant que je vais pouvoir me remettre à lire des romans, attendez-vous à d'autres conseils ! J'attends toujours le roman qui surpassera Entre chien et loup et me fera pleurer autant que celui-là a pu me faire pleurer...

lundi 27 juin 2016

Si la parole était d'or est-il autobiographique ?

Bonjour,

Suite à plusieurs questions, demandes, mystères insupportables et irrésolus, critiques de lecteurs avides de potins à raconter... je pense qu'il ne serait pas inutile de faire ce petit article pour parler un peu plus de Si la parole était d'or : s'agit-il d'un roman autobiographique ou, du moins, d'un roman fortement inspiré de ma vie réelle ? Je vais vous décevoir les amis : non. Si la parole était d'or est bien fictif... du moins pour la plus grande partie.

Mais je vais préciser un peu. L'histoire de fond est évidemment fausse. A vrai dire, dans la première version du livre... Mais non je ne vais pas vous spoiler ! En tout cas la première version renfermait un détail qui rendait impossible l'idée que le récit pouvait être autobiographique. J'ai supprimé ce détail, ce qui laisse le doute planer, mais ce n'en est pas moins fictif. 

Commençons par les personnages... Il n'y en a un qui peut bien être assimilé à quelqu'un de réel, en effet, et encore avec beaucoup de différences : c'est Aline. Parce qu'Aline, dans la troisième partie du livre, propose à Emilie d'écrire un roman (qui sera justement Si la parole était d'or). Et il y a bien quelqu'un un jour qui m'a conseillé d'écrire ce roman, quelqu'un qui chante comme Aline, que je voyais souvent comme Aline (en révisant l'histoire pour l'ENS), donc Aline est bien un hommage à cette personne. En revanche, Emilie est loin de me ressembler (je râle tout le temps, mais je ne supporte pas les gens qui râlent tout le temps, donc je ne supporte pas d'être assimilée à Emilie). Un autre personnage extrêmement secondaire sera vite reconnu par ceux qui me connaissent bien, c'est évidemment le prof de philo dont le nom n'est même pas cité : "Monsieur G." Même s'il me taperait de savoir que je parle de lui dans un torchon marclévyesque pareil, je n'avais pas de meilleure façon de le remercier de m'avoir si bien fait découvrir la philosophie à moi aussi... Donc, cher Monsieur G., je m'excuse, et je vous remercie.

Aucun des autres personnages ne correspond à qui que ce soit, ils sont purement inventés. Heureusement d'ailleurs, parce que vu tout ce que balance Emilie sur ses proches, on y verrait vite un règlement de compte avec tous les gens qui m'ont énervés. Alors, si tout est inventé, pourquoi me casser la tête à écrire un article, me direz-vous ? J'aurais pu tout simplement dire "oui, c'est fictif, deux personnages sont inspirés de personnes réelles comme ça arrive souvent dans un roman d'ailleurs..." 

Mais j'avais envie de faire un petit point sur ce qui était autobiographique. Héhé oui, il y a des passages autobiographiques ! Et je vais encore vous décevoir, parce que ce ne sont pas les passages les plus importants. Non, en réalité, l'autobiographie se trouve dans les petites anecdotes de la prépa et de la fac. Les anecdotes amusantes, bien sûr. Autrement dit :

  • Mon (formidable) prof d'histoire de prépa, que je salue d'ailleurs, s'est bien amusé à me prendre en exemple, alors que j'étais malade, pour illustrer le cours sur "Hygiène et santé" et les crachoirs portatifs.
  • A la fac, il y avait un prof qui avait une "tête de prof qui meurt dans les films d'horreurs", que personne n'écoutait et qui pendant un cours n'a pas arrêté d'aller voir dans le couloir d'où venait un bruit étrange.
  • Le tout début de la troisième partie, et mes considérations sur le prix du Orlyval et autres, est un statut que j'avais effectivement posté sur Facebook en retrant de vacances.
  • Et sur la fin, plusieurs remerciements cachés sont de vrais remerciements. Une liste de noms, notamment, est citée à un moment, mêlant les personnages du livres et d'autres qui sont en fait les personnes qui ont participé, volontairement ou pas, à l'écriture du livre. 

Evidemment, j'ai tout fait pour maintenir l'ambiguïté. Je sais que malgré ce que j'ai raconté, beaucoup seront encore persuadés qu'il y a plus d'autobiographie dans le livre que je ne veux bien le dire, et croyez-le ! Ca me fera sans doute de très bonnes critiques. J'aime beaucoup voir les diverses interprétations qu'il peut y avoir de mes livres (ça me donne l'impression d'avoir écrit quelque chose d'intelligent !) 

Et puis, comme l'a très bien montré cette blogueuse, je suis quelqu'un remplie d'ambiguïté : 

mercredi 22 juin 2016

Les Propos sur le bonheur....

Si la parole était d'or commençant à être lu par plusieurs d'entre vous... vous devez sûrement vous demander (ou pas) : mais quel est donc ce livre qu'Emilie Chartier cite tout le temps ? Je vais justement faire un petit article pour vous le présenter. Comme l'héroïne, c'est un livre que j'aime beaucoup. Je ne passe pas mon temps à le citer, parce que le bonheur n'est pas le thème le plus étudié en fac de philo (et c'est bien dommage !) mais j'aime le rouvrir de temps en temps quand il pleut que rien ne va, ou tant qu'à faire quand je suis malade. 

Etant donné qu'il est suffisamment cité dans le roman.. j'hésite à vous en mettre un passage. Mais, comme je ne résiste jamais très longtemps, voilà donc le texte entier dont Emilie parle dans la troisième partie de Si la parole était d'or :

Alain Propos sur le bonheur


XCII- Du devoir d'être heureux

Il n'est pas difficile d'être malheureux ou mécontent ; il suffit de s'asseoir, comme fait un prince qui attend qu'on l'amuse ; ce regard qui guette et pèse le bonheur comme une denrée jette sur toutes choses la couleur de l'ennui ; non sans majesté, car il y a une sorte de puissance à mépriser toutes les offrandes ; mais j'y vois aussi une impatience et une colère à l'égard des ouvriers ingénieux qui font du bonheur avec peu de chose, comme les enfants font des jardins. Je fuis. L'expérience m'a fait voir assez que l'on ne peut distraire ceux qui s'ennuient d'eux-mêmes.
Au contraire, le bonheur est beau à voir ; c'est le plus beau spectacle. Quoi de plus beau qu'un enfant ? Mais aussi il se met tout à ses jeux ; il n'attend pas que l'on joue pour lui. Il est vrai que l'enfant boudeur nous offre aussi l'autre visage, celui qui refuse toute joie ; et heureusement l'enfance oublie vite ; mais chacun a pu connaître de grands enfants qui n'ont point cessé de bouder. Que leurs raisons soient fortes, je le sais ; il est toujours difficile d'être heu­reux ; c'est un combat contre beaucoup d'événements et contre beaucoup d'hommes ; il se peut que l'on y soit vaincu ; il y a sans aucun doute des événements insurmontables et des malheurs plus forts que l'apprenti stoïcien ; mais c'est le devoir le plus clair peut-être de ne point se dire vaincu avant d'avoir lutté de toutes ses forces. Et surtout, ce qui me paraît évident, c'est qu'il est impossible que l'on soit heureux si l'on ne veut pas l'être ; il faut donc vouloir son bonheur et le faire.
Ce que l'on n'a point assez dit, c'est que c'est un devoir aussi envers les autres que d'être heureux. On dit bien qu'il n'y a d'aimé que celui qui est heureux ; mais on oublie que cette récompense est juste et méritée ; car le malheur, l'ennui et le désespoir sont dans l'air que nous respirons tous ; aussi nous devons reconnaissance et couronne d'athlète à ceux qui digèrent les miasmes, et purifient en quelque sorte la commune vie par leur énergique exemple. Aussi n'y a-t-il rien de plus profond dans l'amour que le serment d'être heureux. Quoi de plus difficile à surmonter que l'ennui, la tristesse ou le malheur de ceux que l'on aime ? Tout homme et toute femme devraient penser continuellement à ceci que le bonheur, j'entends celui que l'on conquiert pour soi, est l'offrande la plus belle et la plus généreuse.
J'irais même jusqu'à proposer quelque couronne civique pour récompenser les hommes qui auraient pris le parti d'être heureux. Car, selon mon opinion, tous ces cadavres, et toutes ces ruines, et ces folles dépenses, et ces offensives de précaution, sont l'œuvre d'hommes qui n'ont jamais su être heureux et qui ne peuvent supporter ceux qui essaient de l'être. Quand j'étais enfant, j'appar­tenais à l'espèce des poids lourds, difficiles à vaincre, difficiles à remuer, lents à s'émouvoir. Aussi il arrivait souvent que quelque poids léger, maigre de tristesse et d'ennui, s'amusait à me tirer les cheveux, à me pincer, et avec cela se moquant, jusqu'à un coup de poing sans mesure qu'il recevait et qui terminait tout. Maintenant, quand je reconnais quelque gnome qui annonce les guerres et les prépare, je n'examine jamais ses raisons, étant assez instruit sur ces malfaisants génies qui ne peuvent supporter que l'on soit tranquille. Ainsi la tranquille France, comme la tranquille Allemagne, sont à mes yeux des enfants robustes, tourmentés et mis enfin hors d'eux-mêmes par une poignée de méchants gamins.

Ce passage est à la fin du livre. C'est sans doute le plus intéressant et le plus original, mais le reste du livre aussi est facile à lire alors je vous invite à le faire, quand vous êtes tristes, et vous deviendrez comme Emilie : complètement fous. Mais un fou gentil qu'on aime !

jeudi 16 juin 2016

Si la parole était d'or lu par... Axelanderya's Kingdom

Fini le football pour le moment ! Je voudrais vous présenter... non pas mon avis extrêmement philosophique sur France-Albanie... je voudrais vous présenter ce blog, qui a eu la gentillesse de faire une critique de Si la parole était d'or, et une critique que je trouve extrêmement intéressante. 

Je ne vais pas vous résumer la critique, mieux vaut que vous alliez la voir par vous mêmes sur Axelanderya's Kingdom.

Je remercie chaleureusement cette blogueuse pour son article... parce que c'est exactement la genre de critique que je rêve d'avoir de mes livres : une véritable analyse des personnages. Même si ce roman est un peu à part à cause de sa forme, d'habitude je passe énormément de temps sur les personnages (beaucoup plus que pour l'intrigue en tout cas) et voir quelqu'un passer du temps également sur la critique des personnages en eux-mêmes plus que sur ce qui se passe (même si, avouons-le, dans ce livre-là il ne se passe pas grand chose...), ça mérite une attention particulière !

Donc merci encore pour cette critique et pour les suivantes !

mardi 14 juin 2016

Si la parole était d'or lu par... The Eden of Book

Bonsoir à tous !

Je n'avais pas encore fait d'annonce officielle pour la sortie de mon nouveau roman, Si la parole était d'or. Je pense que cette première critique est la bonne occasion pour le faire !
Peut-être que certains d'entre vous l'ont déjà vu, puisqu'il se trouve dans la page Romans.
Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser (et à ce que j'aime bien faire croire :P), Si la parole était d'or n'est pas un roman autobiographique. Evidemment, il y a du vrai, entre autres la façon dont j'y défends la philosophie, ou du moins une certaine façon d'en faire usage, qui est la mienne : c'est-à-dire, vivre.

Sachez que la version numérique du roman est gratuite, alors n'hésitez pas à la télécharger et à la partager. Il est disponible évidemment sur le site de Bookelis, et devrait bientôt l'être sur toutes les boutiques de ebook (Amazon, Apple, Fnac, etc.)


Voici la critique :



Lien =>> The Eden of Book